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23/06/2015 09:59 EDT | Actualisé 23/06/2016 05:12 EDT

Que dire à une amie, maman d'une petite fille trisomique?

Lorsque vous recevez un sms de votre amie, rien ne vous prépare à ce qu'il contient : "Louise, on vient de l'apprendre, est porteuse de t21. Elle reste la plus belle... Mais notre vie va être chamboulée. Merci d'avance d'être là. Bisous."

Hier, mon amie Caroline postait ce texte sur Facebook. Un texte juste et une vraie source d'inspiration.

Ce jour-là, j'avais envie, moi aussi, de lui écrire un message. Parce qu'on ne sait pas toujours quoi dire dans ces situations.

Rien ne vous prépare à cela!

Vous avez 20 ans, vous vous rencontrez sur les bancs d'une grande école, vous riez comme des filles en boîte de nuit, vous vous couchez à 5h00 du matin soûlées par un mauvais vin, vous passez vos examens plus ou moins haut la main, entrez dans la vie active, rencontrez l'amour de votre vie (ou pas), décrochez votre premier boulot, achetez votre premier appart... Vous devenez des "grandes" et un jour ça vous tombe dessus.

Enfin plutôt, ça LUI tombe dessus.

Vous, vous recevez un sms. Un sms, un vendredi après-midi, pendant une réunion insipide sur un sujet prioritaire qui vous paraîtra très vite mineure au regard de ce que contient ce message. Quand cette amie vous envoie un sms c'est généralement pour commenter la nouvelle copine de George Clooney ou la fin plus ou moins vaseuse de la dernière saison de Grey's Anatomy.

Alors rien ne vous prépare à ce qu'il contient : "Louise, on vient de l'apprendre, est porteuse de t21. Elle reste la plus belle... Mais notre vie va être chamboulée. Merci d'avance d'être là. Bisous."

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Oh que j'aurais aimé que ce sms me parle de George Clooney!

Alors bien sûr qu'on va être là. Mais malgré tout ce n'est pas facile. D'abord parce qu'on ne sait pas quoi dire. Avouons-le : on oscille entre la compassion, la tristesse, la colère, mais comment ne pas tomber aussi dans la pitié, comment ne pas la plaindre?

Égoïstement, aussi, la réalité nous rattrape : "Putain, merde, ça n'arrive pas qu'aux autres. Ça n'arrive pas qu'à ces gens qu'on ne connaît pas et qu'on voit à la télé ou dont on entend parler par l'ami de la cousine d'une voisine. Putain, merde, ça peut aussi nous arriver. À nous!".

On a envie de poser plein de questions et on n'a pas non plus envie de blesser, de souler ou de choquer. Surtout qu'on s'en doute bien : on ne doit pas être la première avec ces questions! C'est l'inconnu pour elle, c'est l'inconnu pour nous. Quand Louise est née, j'ai fait beaucoup de recherches sur Internet sur la Trisomie. Mais Internet ne vous dit pas tout. Wikipédia ne vous dit pas comment vous comporter et que dire en présence de parents d'un bébé "spécial".

On essaie de faire des blagues... Maladroit? Peut-être. Sûrement même. Mais on est parties pour un long moment avec Louise. Alors autant rire un peu et ne pas faire de cette situation un drame quotidien. Finalement, la pire chose n'est-elle pas d'être gênée et de marcher constamment sur des oeufs en présence du bébé et de sa mère?

Je pourrais lui dire que je me mets à sa place et que j'imagine ce qu'elle ressent. Mais ce serait faux. Je ne suis pas mère et même si je l'avais été, ce ne serait jamais la même chose. Pour moi, vu de l'extérieur, cette petite Louise est un bébé comme les autres sauf qu'elle a des grands yeux très ronds. Mais pour le reste, c'est pareil que Paul son grand frère, ou que tous mes neveux et nièce au même âge. Difficile, pour moi, spectatrice, d'imaginer toutes les implications qu'il y a derrière ces grands yeux très ronds!

Je ne veux pas lui dire que ça va bien se passer. On sait bien toutes les deux que ce n'est pas vrai. Ça va se passer. Tout simplement. Comme n'importe quelle vie finalement. Très souvent bien, mais aussi parfois mal. Et moi j'espère pouvoir être là dans les deux cas.

J'aimerais lui dire de ne pas s'inquiéter. Mais ce n'est pas réaliste. C'est son rôle de mère. Elle en a bien le droit. Alors qu'elle sache que je m'inquiéterai avec elle.

Je voudrais lui dire qu'elle est très courageuse. Je la vois rarement pleurer. Elle semble faire face. J'aimerais avoir ce courage. Louise a de la chance d'avoir cette maman. Et ce papa aussi.

Je voudrais lui dire que je serai là si elle le veut

Pour prendre mes chaussettes dépareillées en photo.

Pour garder les jours où elle n'en peut plus.

Pour l'accompagner chez le médecin et commenter dans la salle d'attente le dernier épisode de Game Of Thrones en attendant le énième rendez-vous avec un type en blouse blanche sans tacte.

Pour applaudir Louise à son premier spectacle de danse, même si elle n'est pas tout à fait en rythme.

Et pour voter pour cette dernière si elle décide un jour de se présenter à la présidence de la république.

Parce que je crois aussi que Louise peut TOUT faire. Je sais que sa maman y croit, alors j'y crois avec elle.

Les américains utilisent une expression que j'aime beaucoup : "shit happens" ("Une merde peut vous tomber dessus.") Mais ne l'entendez pas comme quelque chose de défaitiste. Au contraire! Une merde vous tombe dessus, mais bon, c'est comme ça. On ne va quand même pas en faire un drame. Avançons!

Alors je te le dis Caroline : "Shit happens"! Mais tu n'es pas seule. George Clooney et moi, on n'est pas loin.

A Caroline Boudet, Remy Doc mais aussi Aurore.

Ce message a été publié sur la page Facebook d'Alex IA.

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