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09/11/2015 10:47 EST | Actualisé 09/11/2016 05:12 EST

Les bienfaits d'une entente pré-référendaire avec Ottawa

En freinant en partie la campagne de peur des unionistes britanniques, les accords signés entre l'Écosse et le Royaume-Uni se sont révélés à l'avantage des indépendantistes.

Récemment, le chef du Parti québécois a annoncé qu'il ne négocierait pas les modalités d'un prochain référendum avec le gouvernement fédéral. Cette position m'apparait à contre-courant de ce qui a été observé en Écosse en septembre 2014.

En octobre 2012, donc deux ans avant le référendum, les deux paliers de gouvernement signent les accords d'Édimbourg. En gros, ces accords portent sur trois choses: un calendrier de négociation pour une transition harmonieuse advenant une victoire du oui, le libellé d'une question claire (Should Scotland be an independent country?) et la reconnaissance d'une majorité de 50%+1 pour déterminer le côté gagnant.

La délégation de souverainistes québécois en Écosse, bien que constituée de gens de différents partis, est arrivée à ce constat commun: les accords d'Édimbourg signés entre l'Écosse et le Royaume-Uni ont participé à calmer les tensions entourant la nature sensible de ce débat. En freinant en partie la campagne de peur des unionistes britanniques, ces accords se sont révélés à l'avantage des indépendantistes. Le camp du non pouvait alors difficilement référer à de supposées turbulences post-référendaires, car la suite immédiate d'un vote favorable était détaillée dans les accords signés par les deux parties.

De plus, en échange d'une question claire, Londres n'avait pas le choix de reconnaître le 50%+1. Une reconnaissance similaire de la part d'Ottawa faciliterait bien les choses pour calmer les tensions durant la campagne référendaire et pour négocier la transition une fois le référendum gagné

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Bernard Drainville, le nouveau leader parlementaire du PQ, avait alors débattu de la question avec nul autre que Stéphane Dion, le père de la loi sur la clarté. M. Drainville avait souscrit à l'idée que de négocier avec Ottawa la question claire contre le 50%+1 était une bonne idée, mettant M. Dion dans l'embarras. Or, en annonçant unilatéralement que nous aurions une question claire lors du prochain référendum, M. Péladeau se révèle un décevant négociateur, car il concède cet aspect fondamental du débat sans rien obtenir en échange. On aurait espéré mieux du roi du lock-out.

Tout cela est bien étonnant, alors qu'on pourrait croire qu'envoyer des observateurs à l'étranger sert à retenir des leçons des expériences politiques de peuples amis...

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