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29/08/2016 10:04 EDT | Actualisé 29/08/2016 10:04 EDT

Une occasion de moderniser le Parti québécois

Dès aujourd'hui, je vous présente six idées que j'entends soumettre au débat et à l'approbation de nos membres, en 2017.

En 2017, les membres du Parti québécois seront conviés à participer à une démarche cruciale pour l'avenir de notre formation politique: notre 17e congrès national. Il s'agira d'une occasion à ne pas manquer pour sortir des sentiers battus, innover et moderniser le Parti québécois.

Nous devrons faire preuve d'audace pour renouveler notre programme, certes, mais également nos pratiques, nos règles, nos structures et nos façons de faire.

Depuis sa fondation en 1967, le Parti québécois s'est toujours distingué par l'ampleur et le dynamisme de sa base militante. Cela n'a pas changé: nous misons toujours sur le plus important bassin de membres au Québec.

Or, cette position enviable ne doit pas devenir un prétexte à l'inaction. Le Parti québécois est confronté aux mêmes défis que tous les autres partis politiques en Occident. Les changements démographiques, l'avènement des nouvelles technologies et, surtout, l'évolution des attentes de la population par rapport à la politique commandent des changements dans notre façon de concevoir le militantisme.

Le statu quo n'est plus une option. Si je deviens chef du Parti québécois, en octobre, j'entends rapidement créer un groupe de travail chargé de proposer des réformes importantes au niveau des statuts et des pratiques de notre formation politique.

Dès aujourd'hui, je vous présente six idées que j'entends soumettre au débat et à l'approbation de nos membres, en 2017.

1. La parité hommes-femmes dans nos instances

Si elles comptent pour 44% du membership du Parti québécois, les femmes demeurent largement sous-représentées dans nos instances décisionnelles. Elles n'assument que 26% de nos 125 présidences de circonscriptions et seulement 23% de nos 17 présidences de régions.

Notre congrès de 2017 sera l'occasion de sortir des vœux pieux et d'inscrire dans nos statuts que les exécutifs locaux, régionaux et national du Parti québécois devront dorénavant respecter la parité hommes-femmes, c'est-à-dire être composés de 40% à 60% de représentants des deux sexes.

En tant que chef du Parti québécois, j'entends également tout mettre en œuvre pour atteindre cette zone paritaire dans le recrutement de nos candidates et candidats à l'élection de 2018. Je propose, à cet égard, de bonifier de 15 % l'allocation versée par le Directeur général des élections (DGE) aux partis politiques qui feront élire un minimum de 40 % de femmes à l'Assemblée nationale.

En augmentant le nombre de femmes à la base même du Parti québécois, nous faciliterons grandement l'atteinte de ces objectifs.

De la nomination d'une première ministre déléguée à la Condition féminine, Lise Payette, en 1979, à l'élection de la «première» première ministre de l'histoire du Québec, Pauline Marois, en 2012, le Parti québécois a toujours veillé à renforcer la place des femmes en politique. Le temps est venu de franchir un autre pas dans cette direction.

2. Des responsables des liens avec les Québécois issus de l'immigration dans chaque circonscription

Le Parti québécois doit renforcer le dialogue avec les Québécoises et les Québécois issus de l'immigration. Ce sera l'une de mes constantes préoccupations en tant que chef et je souhaite qu'elle soit partagée à tous les niveaux de notre formation politique.

Pour y arriver, un poste statutaire de responsable des liens avec les Québécois issus de l'immigration devrait être créé dans chacun des exécutifs du parti. Les militants élus à ce titre - idéalement eux-mêmes issus de l'immigration - auraient le mandat de tisser des liens avec les néo-Québécois de leur circonscription et de favoriser leur participation à nos activités.

Le Parti québécois doit refléter davantage la diversité qui anime le Québec moderne et être en phase avec les préoccupations des Québécois de toutes les origines.

3. Des primaires ouvertes pour choisir le chef du Parti québécois

J'en avais fait la proposition dès la dernière course à la direction du Parti québécois : ouvrir le choix de notre chef à tous les sympathisants de notre formation politique, et non plus seulement à nos membres en règle.

De nombreux partis politiques ont tenté l'expérience avec succès, tant aux États-Unis qu'en France, en Italie et au Canada. Ils ont ainsi pu élargir leur base traditionnelle, tisser des liens avec de nouveaux sympathisants et augmenter l'intérêt populaire de leurs campagnes à la chefferie.

Une part grandissante de la population, particulièrement chez les plus jeunes générations, est devenue récalcitrante à l'idée d'acheter une carte de membre d'un parti politique, quel qu'il soit. Nous devons en prendre acte et trouver de nouveaux moyens de rejoindre ces citoyens. Les primaires ouvertes - et la création d'un titre de «sympathisant» - sont une façon d'y arriver.

4. Un dialogue constant et soutenu avec tous nos membres

De trop nombreux membres du Parti québécois qui souhaitent contribuer à enrichir le programme et les idées de notre formation politique sont freinés dans leur volonté. Plusieurs sont tout simplement découragés par la rigidité et la complexité de nos structures.

Les nouvelles technologies sont une occasion en or de leur simplifier la vie et de miser davantage sur l'intelligence collective des Québécoises et des Québécois.

Une plate-forme web ou mobile devrait être mise sur pied pour permettre à tous nos membres de soumettre directement des idées à la commission politique du Parti québécois. Nous devrions aussi solliciter sur une base régulière l'opinion de nos membres sur les enjeux de l'actualité politique.

5. Une université d'été du Parti québécois

Le Comité national des jeunes du Parti québécois a organisé sa première université d'été, en 2013. D'autres initiatives ponctuelles semblables ont aussi eu lieu, au fil des ans. Nous gagnerions à institutionnaliser cette pratique et à en faire un rendez-vous annuel, au mois d'août, pour tous les jeunes intéressés à en apprendre davantage au sujet de l'indépendance du Québec.

6. Une approche 3.0. sur les médias sociaux

Les nouvelles technologies et les médias sociaux transforment la façon dont les citoyens s'informent et interagissent entre eux. Le Parti québécois doit s'adapter à cette nouvelle donne et développer de nouveaux moyens de communication pour cibler et rejoindre les personnes susceptibles d'être intéressées par nos propositions.

Au-delà des médias traditionnels, nous devons outiller et mettre à contribution l'ensemble de nos membres pour être plus présents et actifs que jamais sur les réseaux sociaux.

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