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02/06/2016 05:40 EDT | Actualisé 03/06/2017 05:12 EDT

Les libéraux acceptent de modifier le comité de réforme électorale

Une solution antidémocratique pour améliorer notre démocratie, voilà comment résumer le plan libéral pour réformer notre système électoral!

Victoire! Le gouvernement libéral a annoncé en Chambre qu'ils vont appuyer notre proposition et réviser la composition du comité sur la réforme électorale. C'est une excellente nouvelle. La nouvelle composition du comité va refléter le véritable résultat des dernières élections. Elle permettra un véritable débat démocratique sur la réforme de notre mode de scrutin.

Les libéraux fédéraux, qui ont remporté 39 % du vote leur donnant la majorité des sièges en Chambre à la dernière élection, profitent des travers de notre système électoral désuet pour imposer leur fausse majorité en comité. Une solution antidémocratique pour améliorer notre démocratie, voilà comment résumer le plan libéral pour réformer notre système électoral!

Nous étions plusieurs à espérer un processus ouvert et inclusif. Eh bien, nous avons été nombreux à être déçus le 10 mai dernier en découvrant le plan du gouvernement. La ministre des Institutions démocratiques y présentait sa solution digne de la vision libérale du «changement»: un comité parlementaire de 10 membres, dont 6 libéraux, 3 conservateurs et 1 néo-démocrate. Le Parti vert et le Bloc Québécois auront chacun droit à ce qu'un de leurs députés assiste au comité, mais sans droit de vote.

Les libéraux s'accaparent tout le pouvoir afin de contrôler l'issue du débat et de dicter les résultats d'une future réforme. Il s'agit d'un plan peu progressiste pour un parti qui prétend être le champion de l'ouverture et de la transparence.

Que ce soit en point de presse ou à la période des questions, les libéraux répètent que «les Canadiens comptent sur eux», que «les Canadiens à travers le pays seront écoutés», qu'«ils comptent sur la participation des 338 députés fédéraux». Ces paroles semblent bien creuses lorsqu'ils agissent en réalité comme les conservateurs qui les ont précédés. Depuis l'élection, nous sommes témoins d'un gouvernement libéral qui fait la sourde oreille. Prenons par exemple les travaux entourant le très contesté projet de loi sur l'aide médicale à mourir, dans le cadre desquels aucune des inquiétudes de groupes de citoyens et aucun amendement significatif de partis d'opposition n'ont été retenus.

Pourquoi devrions-nous tous nous préoccuper du processus de la réforme électorale? La réponse est très simple: notre système actuel produit systématiquement de fausses majorités au Parlement. Il permet à un parti, tel que le parti libéral aux dernières élections et les conservateurs avant eux, d'avoir 100 % du pouvoir en ne récoltant que 39% des votes. À l'heure actuelle, nous avons un gouvernement représentant moins de 60 % des électeurs qui impose sa fausse majorité comme si les autres partis n'existaient pas.

Pire, il y a de plus en plus de gens qui croient que les Libéraux ont déjà décidé quel nouveau système ils veulent imposer; un mode de scrutin qui aurait donné encore 20% plus de sièges aux libéraux avec le même nombre de votes.

Il va sans dire que la volonté du public n'est pas bien représentée dans notre système électoral. En raison de ce système, fondé sur le principe du «gagnant prend tout», près de 9 millions de votes n'ont pas été pris en compte lors de la dernière élection.

La question de la réforme électorale n'est pas une question partisane. C'est la vitalité de notre démocratie qui est en jeu. Nous avons aujourd'hui l'occasion historique de réformer notre système électoral. Tous les jours, je rencontre des gens qui ont réellement envie de voir du changement, des organismes qui unissent leurs voix pour demander une réforme et des spécialistes qui dénoncent vivement les distorsions de notre système.

L'équipe du NPD désire travailler en collaboration avec tous les partis, c'est pour cette raison que nous avons remis de l'avant notre proposition d'un comité spécial représentatif lors de notre journée d'opposition du 2 juin. J'ai espoir qu'en unissant nos voix et en nous mobilisant, nous serons écoutés.

Vous pouvez consultez mon dossier complet sur le réforme électorale ici.

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