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Pourquoi les Québécois paient-ils tant d'impôts?

Dans les dernières années, les entreprises ont contribué à moins de 14% des revenus fiscaux du gouvernement après subventions et crédits d'impôt. Ce qui veut dire que tous les programmes gouvernementaux fédéraux sont financés à 86% par les contribuables.

Vers la fin des années 70, un peu partout en Occident, des chefs d'État se font élire sur la base de programmes politiques très conservateurs axés sur les théories économiques orthodoxes telles qu'encore enseignées dans les départements d'économie et de gestion aujourd'hui. La déréglementation et le retrait de l'État dans les secteurs des services sociaux, de la santé, de l'éducation et de l'environnement ainsi que l'abolition d'organismes publics font loi. Bref, des politiques d'austérité qui demeure en place encore aujourd'hui avec le gouvernement Couillard.

Sous ces politiques, la classe moyenne commence à s'effriter, une tendance qui n'a fait que s'accélérer jusqu'à aujourd'hui. Cette explosion des inégalités crée aussi une nouvelle lutte de classe entre la classe moyenne et les pauvres, celle-ci croyant illusoirement qu'elle était maintenant en lutte contre les pauvres, pour lesquels elle devrait payer tant de taxes et d'impôts, afin de financer ce qui reste de notre filet social.

D'une année à l'autre, entre 48% et 60% des entreprises faisant affaire au Québec ne paient pas un sou d'impôt même si elles génèrent entre 20 et 25 milliards de profits nets.

Mais la réalité fiscale est toute autre. D'une année à l'autre, entre 48% et 60% des entreprises faisant affaire au Québec ne paient pas un sou d'impôt même si elles génèrent entre 20 et 25 milliards de profits nets. L'évitement fiscal total annuel dans notre province représente un manque à gagner de 3,4 à 5,3 milliards de dollars par an. Ce chiffre se traduit par un montant entre 425$ et 650$ pour chaque Québécois. Imaginez le montant total pour une famille entière. Et à cela s'ajoutent les 800 millions de dollars annuellement perdus dans les paradis fiscaux, selon notre propre ministère des Finances. Pire, le Québec est souvent déficitaire de centaines de millions lorsque l'on calcule ce qu'il donne en crédits d'impôt et subventions face à ce qu'il reçoit en taxes et impôts des entreprises, on n'a qu'à penser au cas de Bombardier, qui a effectué des mises à pied massives, coûtant encore plus cher aux contribuables.

Et ce n'est guère mieux au fédéral. Plus de 6000 Canadiens gagnant plus de 100 000$ par an ne paient aucun impôt, sans compter ceux qui n'en paient que très peu. Le Canada reconnait 75 pays comme étant des abris fiscaux, les actifs canadiens échappant à l'impôt dans ces pays étaient de 300 milliards en 2013, alors que ce n'était «que» 90 milliards en 2005. De plus, dans le Canada de 1950, l'assiette fiscale provenait à 50% des particuliers et 50% des entreprises. Dans les dernières années, les entreprises ont contribué à moins de 14% des revenus fiscaux du gouvernement après subventions et crédits d'impôt. Ce qui veut dire que tous les programmes gouvernementaux fédéraux sont financés à 86% par les contribuables. Pas étonnant qu'on soit si taxé, car ce n'est visiblement pas tout le monde qui paie sa part du gâteau.

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