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14/06/2016 10:08 EDT | Actualisé 15/06/2017 05:12 EDT

Brad Wall: un modèle pour le Québec?

Malgré un renversement de la situation financière de la province causé par la récente chute du baril de pétrole, la province a regagné sous la gouverne de M. Wall un sens de fierté qu'on n'avait pas vu depuis longtemps.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, visite le Québec cette semaine. Ce personnage plus grand que nature dans l'Ouest mérite d'être mieux connu ici.

Le paysage politique a changé dans cette province de tendance gauchiste historiquement. Tommy Douglas, un socialiste avoué, devint premier ministre en 1944 sous la bannière du Cooperative Commonwealth Federation (CCF). La période d'après-guerre fut marquée par le CCF et son successeur, le NPD, avec Allan Blakeney et Roy Romanow servant, comme Douglass, plusieurs mandats.

En 2007, Brad Wall et son Saskatchewan Party de centre-droit ont chassé le NPD après 16 ans de pouvoir, récoltant 38 des 58 sièges. La victoire de 2011 fut historique, lui remportant 49 sièges et laissant le NPD mordre la poussière avec seulement 9 sièges, du jamais vu depuis 1982. M. Wall remportait ainsi la troisième plus grande majorité de sièges de la province, un record battu en 2016 quand il augmenta le nombre de sièges du Saskatchewan Party à 51 sièges avec 62% du vote populaire.

Malgré un renversement de la situation financière de la province causé par la récente chute du baril de pétrole, la province a regagné sous la gouverne de M. Wall un sens de fierté qu'on n'avait pas vu depuis longtemps. Et au-delà de cet aspect intangible, M. Wall et son parti conservateur ont amené des réformes importantes dans la gouvernance de la province.

Par exemple, en 2010, M. Wall a permis à certaines cliniques privées d'effectuer des procédures chirurgicales d'un jour. Ces opérations sont payées par le régime d'assurance-maladie public et sont effectuées par des médecins rémunérés par le système public. L'initiative a été un grand succès. Les coûts au privé se sont avérés 26% moins chers qu'au public et le taux de satisfaction des patients a été très élevé et ce, de façon consistante. Un autre résultat renversant: alors qu'en 2010, la province comptait 15 352 patients en attente de chirurgie, ce chiffre avait fondu à 3 824 en mars 2014, soit 75% de moins! Quant au temps d'attente entre le référencement du médecin de famille et le traitement par le spécialiste, il est passé du plus long à l'extérieur des provinces atlantiques (26,5 semaines) à 14 semaines (le plus court au Canada).

Autre exemple: en 2012, M. Wall a annulé les crédits d'impôt cinématographiques, affirmant que cette dépense ne rapportait pas assez à la province. Inutile de décrire le concert de protestations des artistes qui annonçaient la mort de l'industrie. Pourtant, quatre ans plus tard, on constate que 65% des artisans continuent à travailler dans le même secteur.

Enfin, le programme électoral de M. Wall de 2016 prévoyait la vente de 40 succursales de la société des alcools de la Saskatchewan au secteur privé et l'ouverture d'une douzaine de points de vente d'alcool privés tout en éliminant les avantages compétitifs accordés à la société de la couronne.

Ces mesures conservatrices ont rallié la population. Mais M. Wall s'est aussi distingué en prenant une position claire pour défendre les intérêts de sa province dans le dossier énergétique. Laissant de côté la langue de bois, M. Wall n'a pas hésité à défendre les projets d'infrastructure énergétique comme Énergie Est, à s'opposer à une taxe sur le carbone et à dénoncer les activistes, notamment les signataires du manifeste Un bond vers l'avant, qui, affirme-t-il, menacent l'existence même de l'industrie pétrolière de sa province.

Cette visite permettra aux Québécois d'entendre les arguments d'un important partenaire de la fédération en faveur d'une industrie vitale pour le Canada. Ce point de vue mérite d'être écouté.

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