LES BLOGUES
01/07/2015 11:36 EDT | Actualisé 01/07/2016 05:12 EDT

Doux regards...

Doux regards sur les gaz qui s'évaporent dans la quiétude printanière, mais qui irritent l'aire de jeu de la démocratie. Si seulement les urnes pouvaient être aussi empoisonnées que leur désir de nous contrôler.

Doux regards sur l'espoir qui imprègne cette enceinte du savoir, bloquée par les boucliers qui s'empressent de réprimer ce qu'ils ne pourront jamais réprimer: les idées, le savoir, la poésie du moment.

Ils tenteront par mille et une manières ignobles, ignorantes, insécures, de matraquer l'air du temps. Mais l'air du temps les rattrapera toujours. Cet air du temps qui a le goût de souffre auquel ils ne pourront échapper.

Obéir et réprimer, ils en feront peut-être même un devoir. Mais des chiens dressés n'arriveront jamais à faire décoller la chair qui dégouline comme une trace du passé laissé à lui-même le long de ces brûlants murs d'école qui ont déjà ramolli, mais pas totalement abruti et certainement pas anéanti l'entendement. Cette chair leur échappera toujours, comme la queue du chien habité par une désespérante envie d'attraper ce qu'il n'arrivera jamais à attraper. Ils auront beau mettre cette chair en cage, elle s'évaporera comme une folle rêverie à la recherche d'une folle liberté.

Doux regards sur ce qui fait Université, sur ce qui fait Québec. Ce qui fait UQÀM. Ce qui fait l'enfant et ce qui détruit l'émerveillement. L'émerveillement enfantin devant une camaraderie brisée par la violence d'un État qui, tel un sadique, se masturbe devant la souffrance de ceux et celles qui savent, qui osent dire, mais qui saignent plus qu'ils ne parlent.

Les ecchymoses laissées dans la mémoire, déjà comme une vive cicatrice, par ces troublantes images d'hommes armés jusqu'aux dents hurlant comme à la petite école avec leurs pistolets, alors qu'ils se retrouvent au cœur de ce qu'est la grande école. Comme un retour vers le passé et un flash vers le futur. Ces enfants, pourtant adultes, s'amusent à injurier leurs camarades, sans comprendre que leur lutte est aussi la nôtre et la nôtre est la leur. Comment se comprendre alors quand notre voix tremblante devant leurs pistolets ne sait dire autre chose que l'indignation du moment et que leur voix ne sait s'exprimer autrement que par les assourdissantes détonations de grenades lacrymogènes se consumant comme la fumée secondaire des cigarettes brûlant nos poumons? L'air est irrespirable, le savoir manque de souffle et l'intolérable est devenu souhaitable.

Doux regards sur les gaz qui s'évaporent dans la quiétude printanière, mais qui irritent l'aire de jeu de la démocratie. Si seulement les urnes pouvaient être aussi empoisonnées que leur désir de nous contrôler, nous finirions peut-être bien par suffoquer et mourir dans les règles du jeu, leur jeu. C'est peut-être ce que nous faisons déjà. Leur démocratie est un poison qui abrutit et qui tue avec une lenteur agonisante. Nous ne sommes que des morts-vivants maintenus artificiellement en vie par une illusion schizophrénique de participation citoyenne.

Doux regards sur la rue qui rougit de colère, mais qui, comme par un conformisme incertain, transforme la colère en une festivité décadente.

Doux regards sur notre sanctuaire qui fuit le savoir.

Doux regards sur l'UQÀM et son histoire...

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