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14/02/2014 01:23 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Ne m'emportez pas dans ce monde qui est le mien

Les pulsions amoureuses qui s'arrachent douloureusement à l'inconscient sont la plus jolie manifestation de la folie humaine. L'inspiration du moment est le plus bel hommage que l'être peut rendre à ce sentiment qui enveloppe son âme. L'émotion confusément provoquée par la douce rêverie qui échappe au réel est d'une fabuleuse contradiction. La limite d'une normativité désolante prend forme dans le paraître en assassinant l'être. Conséquemment, on se retrouve dans un néant insupportable. Dans un tourbillon de désirs qui ne sont pas les nôtres. Obsessivement à la recherche de conformité, on se retrouve dans un troupeau qui matérialise le sentiment à travers l'absurdité marchande. Au diable tout ça, la laideur des sentiments pulsionnels est bien plus réconfortante que la beauté d'un amour construit...

Pourquoi ai-je toujours cette impression que le bonheur amoureux est éphémère et sans fondement? Pourquoi toutes ces femmes me mutilent-elles avec leur beauté et leur esprit tendrement disposés, là devant moi? Cette beauté et cet esprit qui ne demandent qu'à être partagés. Pourquoi me percent-elles la poitrine si imprudemment pour soutirer une gênante mélancolie encastrée au plus profond de mon être? Elles n'ont qu'à cogner, je leur ouvrirais gentiment mon univers et censurerais les détritus d'amertume. Je ne les choquerais pas avec ma naïveté psychédélique. Ne peuvent-elles pas faire attention à ma sensibilité? Comment peuvent-elles engorger mon impatience pour finir par noyer ma patience? Comment peuvent-elles se montrer aussi rationnelles dans l'irrationalité de ma personne?

Je creuse ma tombe émotionnelle à coups d'angoisse et d'actions irréfléchies. Je leur fais une petite place sur mon nuage à côté de mon cœur. Je les fais monter précieusement, affectueusement, avec empressement. Insouciant, je tends la main à celles qui veulent bien la prendre, si ce n'est que le temps d'éprouver une étincelle de sentiments qui me torturent l'esprit pendant des semaines. Je les laisse pourtant voler librement tel un troupeau de papillons soigneusement caressé et nourri d'un amour inconditionnel. Je n'ose pas en capturer un de peur de l'emprisonner dans ma passion affreusement impulsive. Que puis-je faire d'autre qu'attendre? Attendre devant cet obstacle infiniment infranchissable.

Je suis là, désenchanté, assis sur ma destinée sans savoir quoi faire avec. Je me questionne obssessivement sur l'existence de folie chez le genre humain qui me laisse un arrière-goût d'amertume post-érotique et un néant inexplicablement insensible. La jouissance charnelle est sans fondement si elle n'est pas partagée avec une violence passionnelle. C'est la chosification d'un rapport intime. Nous consommons le corps de la femme sans restriction. Elles nous sont soigneusement présentées comme un buffet à volonté dans lequel on peut mordre sans précautions. Moi je veux les aimer: maladroitement, dangereusement, avec une subtilité éléphantesque.

Ce petit papillon aux traits savamment uniques vole au-dessus de moi et me fait patienter outrageusement. Avec une conscience limitée de la rêverie qu'il provoque en moi, il reste gaiement prudent. Ma volonté de consommer les moments authentiques dépasse ma raison. Elle fait miroiter une lueur d'espoir sans le savoir. Mon désir intellectuel envers cette personne fait voler en éclat l'esthétisme de toutes celles qui m'entourent et qui ont le pantalon aux genoux en attendant qu'on leur donne l'attention.

Elle se déshabille tranquillement avec une patience enrageante. Elle, je ne lui demande pas d'enlever son pantalon, mais de retirer son masque afin que je puisse contempler la personne qu'elle est. Moi je me suis mis à nu depuis longtemps. Elle peut voir mes pires défauts, comme elle peut se laisser bercer par ma passion enfantine. Au risque de me ridiculiser devant cet être qui provoque d'innombrables interrogations, je persiste et plonge dans sa direction sans regarder autour afin d'éviter que mes pulsions sexuelles aient le dessus sur les sentiments que je construis à coups de poèmes et qui m'exposent maladroitement encore et encore.

C'est ce qu'on appelle la torture nocturne d'une escapade sentimentale. La vulnérabilité insensée qui en découle est brûlante. Cet exercice est l'huile sur mon brasier... Ne l'éteignez pas! En cette semaine tristement célèbre pour la matérialité des sentiments humains, je vous offre ce bouquet de mots tendrement composés par ma plume malhabile et inspirée par des personnes splendides.

Je vous aime...

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