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09/05/2013 02:04 EDT | Actualisé 09/07/2013 05:12 EDT

La page est tournée...

PC

Le verdict vient de tomber par l'entremise de l'Unité permanente anticorruption (UPAC): 37 arrestations, dont l'ancien maire de Laval Gilles Vaillancourt, l'entrepreneur Antonio «Tony» Accurso et l'ex-vice-président de la firme Dessau, Rosaire Sauriol. Trois noms ayant fréquemment défrayé les manchettes ces dernières années, rarement pour les bonnes raisons. Le «Système Laval» vient d'en prendre un coup, et il y a fort à parier qu'il y en a plusieurs, en apprenant le coup de filet réalisé par l'UPAC, qui doivent être très inquiets.

C'était un secret de polichinelle qu'il existait un système de collusion à Laval. «Gilles 1er», le monarque ayant si souvent clamé son innocence et menacé de poursuites celles et ceux qui l'accusaient, vient de tomber de son piédestal. Je gagerais facilement mon salaire hebdomadaire que d'autres arrestations de ce genre sont à venir, notamment à Mascouche, où le roitelet local en prendra lui aussi pour son grade...

La page est tournée à Laval, une bonne fois pour toutes, mais le plus dur reste à faire. Comment se remet-on d'un système aussi finement élaboré? Comment redonner confiance aux citoyens en l'administration municipale, alors que ceux encore en place sont les ex-collègues du maire déchu? Comment se convaincre que le nouvel amphithéâtre qui doit y être construit le sera par des firmes hors de tous soupçons, et ne verra pas ses coûts exploser? Il faudra attendre les réponses, et être patients.

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La commission Charbonneau va devoir pousser plus loin. On avait pu lire et entendre, depuis très longtemps, les malversations présumées qui sévissaient à Laval. Ce sont maintenant des accusations. Le même procédé devra se répéter pour plusieurs ex-élu(e)s, dont les noms ont fréquemment été cités et associés à d'autres malversations, à Montréal ou ailleurs. Il est assez prévisible que plusieurs de ces malversations présentement présumées deviendront aussi des accusations, et que les personnes visées devront en répondre. On ne donnera pas de noms, mais disons que le chapeau irait à beaucoup de monde.

On doit restaurer la légitimité du politique au Québec, et cela ne se fera pas sans casser des œufs, voire des réputations. L'UPAC prendra encore une fois son temps pour accumuler les preuves, mais lorsque le coup de filet se fera, il en sera d'autant plus fort. Je leur lève d'ailleurs ma casquette, beau travail! Mais ne vous assoyiez pas sur vos lauriers, le plus dur reste à faire...

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Il faudrait aussi, dans le meilleur des mondes, fouiller dans les administrations des villes régionales, où le «système» pourrait avoir aussi été implanté. Cela prendrait un temps fou et des ressources considérables, mais cela doit être fait. Le climat actuel est malsain. Non seulement pour les élu(e)s qui n'auraient rien à se reprocher, mais pour les entreprises en construction, les firmes de génie-conseil et leurs employé(e)s, qui sont tous mis dans le même bateau que les responsables de ce «système». Et ce, alors que les chantiers routiers à venir au Québec totalisent des milliards de dollars, notre argent. Et on ne parle ici que d'un seul ministère...

Bref, c'est un début, et excellent est ici un terme faible. C'est la plus belle rafle de l'UPAC jusqu'à présent, et, appuyée par des preuves comme elle l'est assurément, elle nous promet beaucoup de plaisir. J'ai bien hâte que la commission Charbonneau et l'UPAC s'interrogent aussi sur la Ville de Longueuil. On y trouverait probablement des surprises, et pas du genre sympathique...

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