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05/05/2019 09:42 EDT | Actualisé 05/05/2019 09:58 EDT

La Corée du Nord a testé des lance-roquettes et une «arme tactique guidée»

Le dernier essai de missile de la Corée du Nord remonte à novembre 2017.

La Corée du Nord a affirmé dimanche avoir procédé à des essais de lance-roquettes multiples à longue portée et d'armes tactiques guidées, après ce qui pourrait être le premier tir de missiles à courte portée par Pyongyang depuis plus d'un an.

Le dernier essai de missile de la Corée du Nord remonte à novembre 2017. La péninsule a connu à partir de l'année dernière une remarquable détente qui a été marquée notamment par une série de sommets impliquant le leader Kim Jong-un.

Une reprise des essais de missiles par la Corée du Nord serait de nature à provoquer la colère du président américain Donald Trump. Mais l'agence officielle nord-coréenne KCNA s'est bien gardée d'utiliser le mot "missile".

L'agence étatique a précisé que M. Kim avait ordonné "un exercice de frappes" impliquant des "lances-roquettes multiples à longue portée", qui ne sont pas sous le coup des sanctions de l'ONU, et des "armes tactiques guidées".

Le ministère sud-coréen de la Défense a indiqué dimanche que les analyses indiquaient que Pyongyang avait testé des "lances-roquettes multiples de 240 et 300 mm et un nouveau type d'arme tactique guidée d'une portée de 70 à 240 kilomètres".

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Les discussions amorcées l'an passé entre les États-Unis et la Corée du Nord sur les arsenaux nucléaires de Pyongyang sont actuellement dans l'impasse, depuis le fiasco du deuxième sommet entre MM. Trump et Kim, qui s'est tenu en février à Hanoï.

Donald Trump assurait néanmoins samedi rester confiant sur la volonté de Kim Jong Un de parvenir à un accord.

"Je crois que Kim Jong-un réalise tout à fait le grand potentiel économique de la Corée du Nord et qu'il ne fera rien pour interférer ou y mettre fin", avait réagi le président américain sur Twitter.

"Il sait aussi que je suis avec lui et il ne veut pas rompre la promesse qu'il m'a faite. Il y aura un accord!", avait-il ajouté.

La Corée du Nord "a lancé plusieurs projectiles à courte portée" depuis la péninsule de Hodo, près de la ville côtière de Wonsan, en direction du nord-est entre 09H06 (00H06 GMT) et 09H27, avait indiqué auparavant le haut commandement militaire sud-coréen dans un communiqué. Dans un premier communiqué, il faisait référence à des "missiles".

Ces "projectiles" ont parcouru entre 70 et 200 km au-dessus de la mer du Japon, avait-il précisé. Selon le ministère nippon de la Défense, aucun n'a a priori survolé le Japon.

Dimanche, le journal officiel nord-coréen Rodong Sinmun, publiait en première page 16 photos de ces tests, dont une de Kim Jong-un, l'air sévère, regardant à travers des jumelles.

«Reprise rapide du dialogue»

La présidence sud-coréenne a exprimé sa "grave inquiétude", estimant que l'action nord-coréenne était contraire à un accord militaire signé entre les deux Corées l'année dernière.

Plus tôt cette semaine, Pyongyang avait averti les États-Unis d'"un résultat indésirable" s'ils n'ajustaient pas leur position d'ici la fin de l'année, alors que les négociations sur le programme balistique et nucléaire de la Corée du Nord sont au point mort depuis trois mois.

"Notre résolution en matière de dénucléarisation reste intacte et nous le ferons quand le moment sera venu", avait déclaré la vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères Choe Son Hui.

"Mais cela ne sera possible que si les États-Unis revoient et reformulent leur calcul actuel", avait-elle poursuivi.

Pour certains experts, Pyongyang cherche vraisemblablement à accroître la pression sur Washington.

"Kim a décidé de rappeler au monde - et plus particulièrement aux États-Unis - que ses capacités d'armement augmentent de jour en jour", a commenté Harry J. Kazianis, directeur des études coréennes au Center for the National Interest à Washigton.

Le leader nord-coréen "veut s'assurer que le monde sait qu'il est contrarié par la fermeté américaine sur la dénucléarisation et qu'il ne cédera pas aux pressions extérieures", a estimé de son côté Scott Seaman, de Eurasia Group.

L'initiative nord-coréenne intervient avant la visite au Japon et en Corée du Sud, la semaine prochaine, du représentant spécial américain Stephen Biegun.

En novembre et en avril, Pyongyang avait déjà annoncé avoir testé de mystérieuses "armes tactiques", sans plus de précisions. Il s'agissait des premiers essais d'armement annoncés par le Nord depuis le début, en 2018, de ses négociations avec les Etats-Unis sur ses programmes militaires.

Le régime nord-coréen s'est toutefois abstenu jusqu'à présent de tester des missiles balistiques ou des armes nucléaires, ce qui donnerait un coup d'arrêt définitif à son rapprochement avec Séoul et Washington. Le dernier tir de missile remonte à novembre 2017.

Dénucléarisation «substantielle»

Les lancements de samedi "ne violent pas le moratoire sur les essais de missiles que s'est lui-même imposé Kim Jong-un", qui "ne s'applique qu'aux missiles balistiques intercontinentaux", a estimé à Séoul le spécialiste de la Corée du Nord Ankit Panda.

Lors du sommet historique avec Donald Trump en juin 2018 à Singapour, Kim Jong-un s'était engagé à "travailler vers la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne".

Mais le scepticisme a grandi avec l'absence d'avancées concrètes et les deux dirigeants se sont quittés en février à Hanoï sur un désaccord. M. Kim réclamait une levée des sanctions trop importante aux yeux de M. Trump, en échange d'un début de dénucléarisation jugé trop timide.

Parallèlement, M. Kim a rencontré fin avril le président russe Vladimir Poutine à Vladivostok pour leur premier sommet, durant lequel il s'est plaint de la "mauvaise foi" des Américains dans la crise nucléaire.