BIEN-ÊTRE
03/05/2019 16:05 EDT | Actualisé 09/05/2019 18:23 EDT

Plus de suicides après la diffusion de «13 Reasons Why»

Les experts avaient malheureusement raison...

Netflix

Une série télé qui met en scène le suicide peut-elle inciter des jeunes à se suicider ? Il semble bien que oui, avait conclu en 2017 le Détecteur de rumeurs. Deux ans plus tard, une étude sur la websérie 13ReasonsWhy, tend à renforcer les mises en garde que faisaient alors la plupart des experts.

Selon cette étude, publiée le 29 avril dans le Journal of Child and Adolescent Psychiatry, le taux de suicide aux États-Unis aurait soudain grimpé en avril 2017 chez les garçons de 10 à 17 ans, soit pendant le mois suivant la mise en ligne de la série. Il s'agirait même d'un record de cinq ans pour cette catégorie d'âge, après quoi, le mois suivant, les chiffres sont revenus à la moyenne de l'année. Étonnamment, rien de semblable n'a été noté chez les filles de 10 à 17 ans — alors que la protagoniste de la série qui commettait un suicide, était une fille.

Il s'agit d'une corrélation et non d'une relation de cause à effet : en d'autres termes, comme les chercheurs prennent la peine de le souligner, ils ne peuvent pas démontrer que ces jeunes se sont suicidés parce qu'ils ont été influencés par la série. Mais une hausse de 30 % justement en avril 2017, et justement dans cette tranche d'âge — rien n'a été noté chez les plus de 18 ans — ajoutera au débat sur la façon dont il convient de parler de ce sujet dans une fiction destinée aux adolescents.

Parallèlement, une seconde étude parue quelques jours plus tôt, n'a trouvé aucune corrélation : elle portait toutefois sur des jeunes de 18 à 29 ans, interrogés avant et après l'écoute de la deuxième saison.

Une troisième saison de 13 Reasons Why est actuellement en production chez Netflix.

La recherche:

Jeffrey A. Bridge et al., « Association Between the Release of Netflix's 13 Reasons Why and Suicide Rates in the United States: An Interrupted Times Series Analysis », Journal of Child and Adolescent Psychiatry, 29 avril.

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