BIEN-ÊTRE
03/05/2019 13:43 EDT | Actualisé 09/05/2019 18:25 EDT

Bannir les pailles en plastique ne sauvera pas les océans

Il y a encore beaucoup à faire.

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Interdire les pailles en plastique ne mettra pas fin au problème de pollution des océans, a prévenu Andrew Wheeler, le patron de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), en visite à Bruxelles vendredi avant la réunion du G7 Environnement.

« Toute réduction de matière est bonne, mais je m'inquiète de ce que les gens pensent qu'avec l'interdiction des pailles en plastique nous avons résolu le problème » des déchets qui finissent dans la mer, a déclaré M. Wheeler à l'AFP.

Le responsable américain s'exprimait deux jours avant la réunion dimanche et lundi à Metz des ministres de l'Environnement des pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) et d'une dizaine de pays invités.

« Notre problème aux États-Unis est que la plupart des Américains pensent que s'ils déposent leurs matériaux dans la poubelle de recyclage en bas de la rue, ils ont résolu le problème. Ce n'est pas le cas », a-t-il poursuivi.

Depuis que la Chine a arrêté en 2017 les importations de plastiques usagés, les États-Unis sont confrontés, comme l'UE, au problème de la réutilisation de ces plastiques, estime M. Wheeler.

« Nous devons trouver une meilleure façon d'utiliser nos matériaux recyclés », a-t-il insisté.

M. Wheeler, dont le poste à la tête de l'EPA le pose comme de facto ministre de l'Environnement américain, considère les problèmes d'eau comme « le plus gros problème environnemental actuel, une menace pour la planète ».

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Outre la pollution des océans, il souhaite se concentrer sur l'accès à l'eau potable et les problèmes d'infrastructures.

M. Wheeler a déjà commencé à aborder ces sujets avec de hauts responsables japonais et européens, a-t-il indiqué, avec l'ambition de progresser lors du G7, puis lors du premier G20 de l'environnement en juin au Japon.

« Du côté des infrastructures par exemple, aux États-Unis nous avons expérimenté un certain nombre de mécanismes de financement innovants », afin de mobiliser non seulement des deniers publics mais aussi des financements privés, a-t-il souligné, suggérant de trouver une façon de répliquer ces mécanismes au sein d'organismes internationaux.

Le G7 Environnement a pour thème la « lutte contre les inégalités pour la protection de la biodiversité et le climat ».

Les États-Unis travaillent à diminuer leurs émissions polluantes, a souligné Andrew Wheeler : celles de CO2 on reculé de 14 % depuis 2005, de méthane de 15 %.

« Mais nous n'allons pas prendre des mesures internationales qui nuiraient à notre compétitivité, comme l'accord de Paris sur le climat », a-t-il ajouté.

Mi-avril, lorsque les États de l'UE ont approuvé l'ouverture de négociations commerciales avec les États-Unis, la question de discuter avec un partenaire hostile à l'accord de Paris avait gêné la France.

« Nous sommes disposés à inclure des provisions environnementales dans nos accords commerciaux, mais je ne pense pas que ce serait productif de lier un accord commercial à un accord spécifique comme l'accord de Paris sur le climat », a commenté M. Wheeler.

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