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02/05/2019 07:16 EDT | Actualisé 02/05/2019 10:40 EDT

Bombardier consolide ses actifs aéronautiques et vendra deux usines

La multinationale a annoncé qu'elle cessera ses activités à Belfast et au Maroc.

Clodagh Kilcoyne / Reuters
Bombardier se départira de son usine de Belfast.

MONTRÉAL — En dépit d'une autre restructuration qui se traduit par la mise en vente d'usines en Irlande du Nord et au Maroc, la route vers le redressement demeure turbulente pour Bombardier, qui prend ses distances par rapport aux objectifs de 2020 qui figurent dans son plan de redressement de cinq ans.

Selon le président et chef de la direction, Alain Bellemare, ces cibles, qui ont été répétées à maintes reprises au cours des dernières années, visaient plutôt à "mettre en place une organisation de classe mondiale".

"Elles ont été mises en place parce que nous croyons pouvoir les atteindre, a-t-il dit, jeudi, au cours d'une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du premier trimestre, où la direction de l'entreprise a été pressée de questions sur le sujet. La raison pour laquelle nous sommes prudents, c'est parce qu'il y a eu un recul chez Bombardier Transport."

Ces déclarations ont été accueillies froidement par les investisseurs, puisque jeudi avant-midi, à la Bourse de Toronto, le titre de l'avionneur abandonnait 15 cents, ou 6,41 pour cent, pour se négocier à 2,19 $.

En raison de problèmes de production liés à cinq projets problématiques au sein de sa division ferroviaire, l'entreprise, qui entame la quatrième année de son plan de redressement, a sabré, la semaine dernière, ses prévisions de revenus et de bénéfices pour 2019.

Depuis, certains analystes se demandent si la multinationale sera en mesure de générer, à la fin de 2020, un chiffre d'affaires de 20 milliards $ US et au moins 750 millions $ US en flux de trésorerie.

"Nous ne ferons pas d'autres commentaires sur 2020, a dit le chef de la direction financière, John Di Bert. En ce qui concerne 2020, il s'agit d'une conversation qui sera repoussée à la fin de l'année."

Entre-temps, Bombardier tentera de trouver preneur pour ses usines de fabrication de composantes situées Belfast, en Irlande du Nord, ainsi qu'au Maroc alors que ses activités aéronautiques seront regroupées en une entité.

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À terme, c'est quelque 3900 employés qui devraient passer dans le giron d'un éventuel acheteur. Cela signifie aussi que Bombardier cessera de construire les ailes de l'A220, l'ancienne C Series désormais contrôlée par Airbus.

"C'était l'étape logique dans le cadre de notre redressement", a dit M. Bellemare.

Bombardier Aviation, qui regroupera les activités des jets d'affaires, des appareils régionaux CRJ ainsi que de la fabrication de composantes, relèvera de David Coleal, qui dirigeait jusqu'ici la division des avions commerciaux.

Cette nouvelle a provoqué un tollé en Irlande du Nord, où l'entreprise compte 3600 employés. Le syndicat Unite a exhorté le gouvernement britannique à agir pour préserver les emplois.

"Bombardier est tout simplement trop importante pour l'économie d'Irlande du Nord pour permettre une solution moins avantageuse", a fait valoir Unite, dans un communiqué.

Quant à sa performance financière pour le premier trimestre terminé le 31 mars, l'entreprise a affiché une perte ajustée de 122 millions $ US, ou sept cents US par action, par rapport à un profit ajusté de 35 millions $ US, ou un cent US par action, il y a un an. Pour leur part, les revenus se sont contractés de 13 pour cent, à 3,52 milliards US.

Les analystes sondés par Thomson Reuters tablaient sur une perte ajustée d'un cent US par action sur un chiffre d'affaires de 3,62 milliards $ US.

Bombardier rencontrera également ses actionnaires dans le cadre de son assemblée annuelle, jeudi avant-midi, à Montréal.

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