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26/04/2019 07:46 EDT | Actualisé 26/04/2019 10:05 EDT

Grenville-sur-la-Rouge: le barrage tient le coup pour l'instant

Le barrage Chute-Bell sur la rivière Rouge menace de céder.

Ryan Remiorz/La Presse canadienne

GRENVILLE-SUR-LA-ROUGE, Qc — La Sûreté du Québec (SQ) a annoncé vers 8h00 vendredi que 75 citoyens menacés par la rupture du barrage de la Chute-Bell sur la rivière Rouge, dans les Basses-Laurentides, avaient été évacués depuis la veille.

Soixante de ces personnes ont été emmenées en lieu sûr par voie terrestre; les autres ont été transportées par hélicoptère.

Des vérifications sont faites vendredi pour assurer que personne n'ait été oublié. Plusieurs dizaines de policiers ont été mobilisés pour mener ces opérations.

Les citoyens évacués ont été transportés à la mairie de Grenville-sur-la Rouge, tout près de Hawkesbury, en Ontario. De là, ceux qui ne peuvent trouver un hébergement sont acheminés vers l'aréna de Lachute, à une quarantaine de kilomètres.

Les autorités de sécurité publique ont lancé en milieu d'après-midi, jeudi, une alerte avisant tous les citoyens en aval du barrage de la Chute-Bell d'évacuer sans délai. Le barrage se trouve à une quinzaine de kilomètres au nord de la rivière des Outaouais, là où se jette la rivière Rouge qui prend sa source à quelque 160 kilomètres au nord.

En soirée, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a rassuré la population, indiquant que l'évacuation était une mesure préventive.

Vendredi matin, des porte-paroles d'Hydro-Québec ont déclaré que la société d'État avait confiance que le barrage construit en 1915 tienne le coup.

Le directeur principal de la production et maintenance à Hydro-Québec, Simon Racicot, a précisé que le protocole exige que la société d'État avise la sécurité civile que le débit a dépassé le seuil millénal. Il s'agit du niveau considéré comme un maximum atteint une fois tous les 1000 ans.

Les autorités ont donc rapidement diffusé une alerte et enclenché le processus d'évacuation.

Une rupture de cette infrastructure créerait un apport d'eau important dans la rivière des Outaouais et, par la suite, vers le fleuve Saint-Laurent, là où des inondations ont déjà frappé des milliers de citoyens.

On a dit au maire que le barrage avait cédé

Un vent de panique a soufflé sur Grenville-sur-la-Rouge lorsque le maire de la petite municipalité des Laurentides a été informé jeudi après-midi que le barrage Chute-Bell avait cédé. Heureusement, c'était faux. Le barrage est toujours en place, mais il est fragile, et Hydro-Québec ne peut plus assurer son intégrité.

Le maire de Grenville-sur-la-Rouge, Tom Arnold a raconté à La Presse canadienne qu'il a eu l'impression que son cœur s'était arrêté vers 14 h 30 jeudi, après avoir été informé que le barrage Chute-Bell s'était rompu.

«Le directeur des incendies de la municipalité m'a appelé pour me dire que la Sécurité publique lui avait dit que le barrage avait cédé. J'ai alors dit à mes gars qu'un mur s'en venait et qu'il fallait se grouiller. Quand on se fait dire une telle chose, le cœur arrête, et pendant un instant, on voit tous les visages de ces gens qu'on connaît», a-t-il raconté.

Je n'ai pas confiance, le pire reste à venir. Tom Arnold, maire de Grenville-sur-la-Rouge

Après avoir reçu cette information, Tom Arnold dit avoir commencé, avec l'aide d'employés de la municipalité, à évacuer des résidants.

«Mais on a constaté, visuellement, que le barrage était toujours là».

Le maire n'a pu expliquer pour quelle raison cette information erronée était parvenue à ses oreilles, mais il a offert cette explication. «Dans l'urgence, il y a parfois de fausses informations qui circulent.»

Mais ce n'est pas parce que le barrage tenait toujours en soirée jeudi que la situation n'est pas critique.

Questionné à savoir s'il croyait que le barrage allait tenir le coup, le maire a répondu: «Je n'ai pas confiance, le pire reste à venir.»

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