POLITIQUE
24/04/2019 09:52 EDT | Actualisé 24/04/2019 14:28 EDT

Montréal: surplus de 212,7 M$ grâce à la vigueur de l'immobilier

Montréal évite de peu de dépasser le seuil d'endettement maximal que la Ville s'impose.

Sylvie Boyer via Getty Images
Travaux de construction à l'aide de grues au centre-ville de Montréal

Le secteur immobilier a contribué à un surplus budgétaire de 212,7 M$ à la Ville de Montréal en 2018. La «taxe de bienvenue» et les revenus de permis et licences ont produit 106,4 M$ de plus que prévu.

La construction, surtout résidentielle, bat son plein depuis plusieurs années à Montréal. Selon le rapport financier annuel présenté mercredi par le comité exécutif de la Ville, il s'agit de la principale cause du surplus budgétaire.

«Grâce à une gestion rigoureuse que nous avons fait des deniers publics, à la force du marché immobilier également, on a réussi à dégager une marge non négligeable de 213 M$. Ce qui va nous permettre de poursuivre sur notre lancée», s'est réjouit le président du comité exécutif et responsable des finances, Benoît Dorais.

Olivier Robichaud
Benoit Dorais, vice-président du comité exécutif et responsable des finances, présente le rapport financier 2018 de la Ville de Montréal. (crédit: Olivier Robichaud)

Ce dernier souligne qu'il s'agit du bilan de la première année complète de l'administration Plante.

Les méga-projets de l'échangeur Turcot, du pont Champlain et du Réseau express métropolitain ont également contribué à maintenir la Ville dans le vert. Des ententes d'expropriation signées respectivement avec le gouvernement provincial, le gouvernement fédéral et la Caisse de dépôt et placement du Québec ont ajouté 24,9 M$ dans la colonne de revenus.

L'industrie de la construction devrait continuer à connaître une belle année en 2019, selon la Commission de la construction du Québec. Mais l'impact du futur règlement sur l'inclusion de logements abordables et familiaux dans les nouveaux projets résidentiels, qui devrait être adopté d'ici la fin de l'année, est encore inconnu.

La neige, qui a causé d'importants maux de tête à l'administration Plante l'an dernier et cette année, a coûté 19,3 M$ de plus que prévu en 2018. Cela a été compensé en utilisant les surplus accumulés des années précédentes.

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D'autres économies, notamment une réduction du nombre de causes en attente de jugement devant la cour municipale, ont permis de réduire les dépenses totales de 44,6 M$ par rapport au budget.

Au final, la Ville de Montréal a engrangé 5,6 G$ en 2018 et dépensé 5,4 G$.

Selon Benoit Dorais, la Ville étudie actuellement les options pour réinvestir le surplus. Le scénario choisi sera présenté lors de la prochaine séance publique du conseil municipal, le 13 mai.

M. Dorais souligne toutefois qu'il aimerait se donner un «coussin» supplémentaire pour éviter les surprises avec les caisses de retraite et le déneigement. Les montants exacts restent à préciser.

L'administration Plante a fait l'objet d'importantes critiques lors de l'adoption du budget 2018. Après avoir promis de limiter la hausse de taxes au niveau de l'inflation, la mairesse et le président du comité exécutif ont plutôt présenté une augmentation de 3,3% pour les résidences et 3% pour les commerces et industries.

L'augmentation est plus modérée en 2019: 1,7% pour les résidences et 1,3% pour le non résidentiel, en moyenne. Les petits commerces ont même bénéficié d'un gel ou d'une baisse.