POLITIQUE
24/04/2019 16:55 EDT | Actualisé 25/04/2019 11:53 EDT

Montréal «part en guerre» contre le plastique à usage unique

La métropole songe à bannir ou remplacer les verres, contenants, pailles et autres produits polluants.

Olivier Robichaud

Montréal se prépare à bannir les contenants à usage unique fabriqués avec des matériaux polluants, comme le plastique et le styromousse. Et les sacs en plastique, déjà bannis sauf dans certaines circonstances, pourraient entièrement disparaître.

Gobelets plastifiés, ustensiles en plastique, contenants pour emporter: tout est dans le collimateur de la Ville de Montréal. Même les barquettes, ces petites assiettes en polystyrène qui tiennent la viande et les légumes emballés dans une pellicule, seront visées par une nouvelle réglementation.

«Montréal part en guerre contre les contenants à usage unique et le suremballage.»- Laurence Lavigne-Lalonde, responsable de la transition écologique

Mercredi, le comité exécutif a mandaté ses services de développer un nouveau cadre réglementaire pour réduire l'utilisation des contenants à usage unique. Ce cadre sera présenté d'ici la fin de l'année pour une adoption au printemps 2020.

La mairesse Valérie Plante se dit consciente que les changements proposés ne se feront pas sans heurts.

«Le temps où on remettait à plus tard les décisions en faveur de la protection de l'environnement parce qu'elles bousculent nos habitudes est révolue. Le temps est compté et il nous faut maintenant agir. En posant des gestes forts comme celui-ci, nous nous assurons de faire notre part pour léguer aux générations de demain une ville en santé», affirme-t-elle.

Contenants bannis, contenants remplacés

Selon Mme Lavigne-Lalonde, la Ville souhaite établir un plan de match pour chacun des produits visés. Là où possible, l'interdiction totale sera privilégiée.

Par exemple, les gobelets pourraient être remplacés par des tasses consignées sur le modèle La Tasse, développé par l'Éco-quartier Villeray. Dans d'autres cas, des matériaux biodégradables pourraient être imposés au lieu du plastique.

«Il va encore y avoir des contenants à usage unique. Mais ils ne pourront pas être en plastique ou en styromousse. On souhaite retirer les matières qui sont les plus coûteuses à produire et les plus coûteuses à éliminer sur le plan environnemental», souligne Mme Lavigne-Lalonde.

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Les gobelets jetables, comme ceux de chaînes comme Starbucks ou Tim Hortons, pourraient être bannis de Montréal.

Les sacs en plastique entièrement bannis?

L'an dernier, Montréal a imposé une interdiction des sacs en plastique minces afin de favoriser les sacs réutilisables. Les consommateurs ont toujours accès à des sacs en plastique plus épais, le souhait étant que ces sacs soient réutilisés plus souvent que les versions minces.

Le chantier environnemental entrepris mercredi comprendra une évaluation de cette politique. Très peu de données existent sur l'impact d'un bannissement sur les comportements des consommateurs, mis à part quelques vox popcomme celui mené par le HuffPost Québec en janvier 2018.

Selon les résultats de cette analyse, la Ville pourrait envisager d'interdire totalement les sacs en plastique dans les commerces.

La politique adoptée en 2018 a suscité la grogne de l'industrie du plastique et de plusieurs commerçants. Une étude de Recyc-Québec sur l'impact des sacs minces, des sacs épais et des sacs réutilisables sur l'environnement avait été bloquée par l'ex-maire Denis Coderre pendant plusieurs mois. L'étude montre que les bénéfices environnementaux n'apparaissent clairement qu'après deux ans de réutilisation, environ.