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22/04/2019 00:04 EDT | Actualisé 22/04/2019 14:04 EDT

«Tout le monde en parle»: Christian Bégin réplique à la critique de son rôle de prostituée trans

«Tous les comédiens ne veulent pas jouer ce qu’ils sont...»

Christian Bégin était de passage sur le plateau de Tout le monde en parle, ce dimanche 21 avril, pour parler du gala Les Lauriers de la Gastronomie québécoise, qui récompense les meilleurs artisans de l'industrie de la culture culinaire québécoise.

En plus de cette célébration, qui aura lieu le 29 avril prochain, l'illustre comédien et animateur a aussi été appelé à parler de la série M'entends-tu?, diffusée l'hiver dernier sur les ondes de Télé-Québec, dans laquelle il tenait le rôle de Pretzel, une prostituée transsexuelle toxicomane.

Christian Bégin est d'abord revenu sur les séances d'épilation à travers lesquelles il a dû passer durant sa préparation pour le rôle.

«Je suis assez poilu, et il y avait des zones qui n'avaient jamais été épilées. Quand tu te fais épiler le chest à la cire... Mesdames, je suis plein de compassion, mais vous avez jamais vécu ça, le chest à la cire. Ça fait mal en tabarouette», a-t-il révélé.

Le principal intéressé a également confié qu'une cliente avait déjà reconnu sa voix alors qu'il était en pleine séance d'épilation chez l'esthéticienne.

«Les jambes écartées dans les étriers, parce que tu es en train de te faire faire le bikini... C'était des situations on ne peut plus singulières!»

Christian Bégin a également expliqué comment le personnage s'était «imposé par lui-même», et comment la transformation physique avait représenté, à ses yeux, la vaste majorité de de son travail d'interprétation.

«Une fois que j'ai été épilé, qu'on m'a mis la perruque sur la tête, que j'ai enfilé mes chaussures à talons hauts, et que j'ai mis ma robe, 80% de mon travail était fait», a-t-il déclaré.

«C'était comme si, tout à coup, le personnage s'était imposé par lui-même. Parce que tu n'as plus de poils sur le corps. Tu n'es plus toi. C'était un grand plaisir, parce que souvent, comme comédiens, on nous demande de jouer des choses qui sont proches de nous. Là, ça peux-tu être plus diamétralement opposé?»

L'inévitable controverse

Guy A. Lepage a ensuite demandé à son invité de commenter les critiques de l'activiste transfémine Florence Ashley, pour qui le personnage de Pretzel représente un gros pas en arrière pour la cause des transgenres, et surtout d'expliquer pourquoi il ne l'avait pas fait auparavant.

«Dans ces espaces-là, il n'y a pas de place pour la discussion, parce que les positions sont tellement campées que peu importe l'argument que je vais apporter, on est tellement dans un discours idéologique que je ne pourrai jamais la convaincre», a-t-il expliqué.

«Je pratique un métier, par définition, d'appropriation culturelle. Ma première définition de tâche, c'est de m'approprier la réalité d'un autre.

Je ne veux pas simplifier le débat. Je crois qu'on doit être à l'écoute de ce qu'elle essaie de me dire [...] Je connais des personnes trans qui ne veulent pas jouer de trans, qui veulent jouer une femme, comptable, mère de famille. Tous les comédiens ne veulent pas jouer ce qu'ils sont.»

«C'est un débat qui est un peu détourné par l'idéologie des fois. Je crois à la nécessité de mieux représenter la diversité de ce qu'on est. On doit voir plus de trans à la télé, plus de gens issus des minorités visibles. Mais on ne doit pas dire que ces réalités-là doivent être incarnées par les gens qui les vivent. Ça, moi, je suis contre ça. Je trouve qu'on se trompe», a-t-il conclu.

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