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21/04/2019 09:09 EDT | Actualisé 22/04/2019 09:02 EDT

Attentats au Sri Lanka: 290 morts et plus de 500 blessés

Il y a eu huit déflagrations sur l'île.

Environ 290 personnes ont été tuées et 500 blessées dans les attentats suicide du dimanche de Pâques au Sri Lanka, selon un nouveau bilan annoncé lundi par la police locale.

"Le bilan est autour de 290 (morts) et 500 blessés", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police Ruwan Gunasekera. 24 personnes ont été arrêtées en lien avec cette vague d'attaques, qui n'ont pas été revendiquées à ce stade, a-t-il ajouté.

Dimanche, en quelques heures, des bombes ont semé mort et désolation dans quatre hôtels et trois églises, en pleine messe de Pâques, en plusieurs endroits de l'île d'Asie du Sud, qui n'avait pas connu un tel déchaînement de violence depuis la fin de la guerre civile il y a dix ans.

Huit explosions au total ont frappé dimanche le Sri Lanka. Du Vatican aux États-Unis en passant par l'Inde, ces attentats ont soulevé un émoi mondial.

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Plusieurs dizaines d'étrangers ont été tués dans ce pays prisé des touristes pour ses plages idylliques et sa nature verdoyante.

Leur nombre exact "est difficile à déterminer. Autour de 37 (étrangers) sont morts, sur lesquels 11 ont été identifiés. Certains des corps sont mutilés et il est compliqué de les identifier", a déclaré à l'AFP un responsable des Affaires étrangères.

La police a annoncé lundi qu'une "bombe artisanale" avait été trouvée tard dimanche sur une route menant vers le principal terminal de l'aéroport de Colombo et qu'elle avait été désamorcée avec succès par les forces aériennes sri-lankaises. L'aéroport reste ouvert sous haute sécurité suite aux attentats.

Environ 1,2 million de catholiques vivent au Sri Lanka, un pays de 21 millions d'habitants où les chrétiens représentent 7% de la population, majoritairement bouddhiste (70%). Le pays compte également 12% d'hindous et 10% de musulmans.

Kamikaze

Une vidéo prise dans l'une des églises touchées montrait de nombreux corps recroquevillés, le sol jonché de décombres et couvert de sang, les murs grêlés par les éclats. La violence de l'explosion a soufflé des parties du toit, laissant entrevoir le ciel.

Le pape François a exprimé sa "tristesse" en apprenant "la nouvelle des graves attentats, qui précisément aujourd'hui, jour de Pâques, ont porté deuil et douleur dans plusieurs églises et autres lieux de réunion au Sri Lanka". L'archevêque de Colombo a lui appelé à "punir sans pitié" les responsables.

Franco Origlia via Getty Images

Environ 1,2 million de catholiques vivent au Sri Lanka, un pays de 21 millions d'habitants où les chrétiens représentent 7% de la population, majoritairement bouddhiste (70%). Le pays compte également 12% d'hindouistes et 10% de musulmans.

À Colombo, trois hôtels de luxe en front de mer - le Cinnamon Grand Hotel, le Shangri-La et le Kingsbury - ainsi que l'église Saint-Antoine ont été frappés par des attaques presque simultanées survenues à partir de 08H30-09H00 locales (03H00-03H30 GMT).

Des bombes ont aussi explosé dans l'église Saint-Sébastien à Negombo et dans une autre à Batticaloa, ville située de l'autre côté du Sri Lanka, sur la côte orientale.

Quelques heures plus tard, deux autres déflagrations sont survenues. L'une dans un hôtel de Dehiwala, une banlieue sud de Colombo, l'autre à Orugodawatta, dans le nord de la ville, où un kamikaze s'est fait exploser lors d'une opération policière, tuant trois membres des forces de l'ordre.

Au moins 35 étrangers figurent parmi les morts, notamment des Américains, des Britanniques et des Chinois.

De l'Iran à la Grande-Bretagne, les condoléances et les appels à défendre la liberté religieuse ou à lutter contre le terrorisme se sont multipliés.

«C'était le chaos»

Au Cinnamon Grand Hotel de Colombo, situé près de la résidence officielle du Premier ministre, un Sri-Lankais, qui s'était enregistré à l'hôtel la veille sous le nom de Mohamed Azzam Mohamed, a enclenché sa bombe dans la file de clients, venus profiter d'un buffet de Pâques dans un restaurant de l'établissement.

"Il était huit heures 30 du matin. Il y avait beaucoup de familles", a raconté à l'AFP un employé. "Il est allé au début de la queue et s'est fait sauter", a-t-il ajouté. "Un manager qui accueillait les clients fait partie de ceux qui ont été tués sur le coup (...) C'était le chaos."

À l'hôtel Shangri-La, situé à proximité, un photographe de l'AFP a constaté d'importants dégâts dans un restaurant au second étage: les vitres ont été soufflées, des fils électriques pendaient du plafond.

Le ministre des Réformes économiques Harsha de Silva a fait état de "scènes horribles" à l'église Saint-Antoine et dans deux des hôtels visés où il s'est rendu. "J'ai vu des morceaux de corps éparpillés partout", a-t-il tweeté.

Les catholiques sont perçus comme une force unificatrice au Sri Lanka car on en trouve chez les Tamouls comme chez la majorité cinghalaise.

En 2017, l'Alliance nationale évangélique chrétienne du Sri Lanka a recensé une centaine d'incidents contre les chrétiens dans l'île, selon un rapport du département d'État américain. L'an passé, les autorités ont par ailleurs décrété 12 jours d'état d'urgence pour mettre fin à des émeutes visant les musulmans dans le centre du pays.

"Il y a eu des actes de violence ou d'intimidation continus contre la communauté chrétienne au Sri Lanka ces dernières années", a déclaré à l'AFP Rucki Fernando, un défenseur des droits humains. Mais "nous n'avons rien vu de cette ampleur ou de cette magnitude auparavant".

"Les gouvernements du Sri Lanka ont fermé les yeux sur la violence contre les minorités - à la fois chrétienne et musulmane - en progression ces dernières années", a-t-il dénoncé.