BIEN-ÊTRE
17/04/2019 16:42 EDT | Actualisé 17/04/2019 16:56 EDT

Une femme sur cinq qui quitte un refuge retourne chez son agresseur

Les données de Statistique Canada laissent entrevoir des situations fort complexes.

Kittisak Jirasittichai / EyeEm via Getty Images

MONTRÉAL — Une femme sur cinq qui a quitté un refuge pour victimes de violence est retournée vivre avec son agresseur, a dévoilé Statistique Canada qui a réalisé un «instantané» de la situation l'an dernier.

Dans cette analyse dévoilée mercredi, l'organisme fédéral de statistiques a choisi une journée précise pour colliger ses données: le 18 avril 2018.

Ce jour-là, 3565 femmes, 3137 enfants et huit hommes résidaient au Canada dans des établissements d'hébergement pour fuir une situation de violence.

Les données laissent voir une grande fragilité et des situations fort complexes: parmi les femmes qui ont quitté un tel refuge le jour de l'«instantané», 21 pour cent ont dit qu'elles retournaient dans une résidence où vivait encore leur agresseur.

Pour 36 pour cent d'entre elles, la destination était inconnue.

À lire aussi sur le HuffPost Québec:

D'autres femmes ont déclaré qu'elles vivraient chez des amis ou des membres de leur famille (18 pour cent) ou iraient dans un autre établissement d'hébergement pour victimes de violence (11 pour cent).

Les deux tiers de ces femmes avaient cherché refuge en raison de la violence de leur partenaire actuel.

Plus des trois quarts des 6500 lits subventionnés au Canada dans des établissements de courte durée — soit pour moins de trois mois — ont été déclarés occupés le jour de l'instantané. Parmi les provinces, le Québec (90 pour cent), l'Ontario (84 pour cent) et la Saskatchewan (78 pour cent) ont déclaré les plus fortes proportions de lits occupés.

Le manque de place est d'ailleurs la raison la plus courante pour laquelle des victimes à la recherche d'un refuge se voient refuser l'hébergement.