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16/04/2019 07:37 EDT | Actualisé 16/04/2019 07:44 EDT

Incendie à Notre-Dame de Paris: la piste accidentelle «privilégiée»

L'enquête sera toutefois longue et complexe.

Le procureur de la République de Paris a indiqué mardi que la piste accidentelle était privilégiée après l'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, assurant que "rien (n'allait) dans le sens d'un acte volontaire".

"Cinq entreprises intervenaient sur le site. Dès aujourd'hui, ont débuté des auditions d'ouvriers et d'employés de ces entreprises. Une quinzaine sont prévues. Ils sont une quinzaine à être intervenus, à avoir été présents hier", a précisé Rémy Heitz lors d'un point presse devant Notre-Dame, ajoutant que la direction de la police judiciaire mobilisait près de 50 enquêteurs.

Le procureur a expliqué qu'il y avait "eu une première alerte à 18h20, heure locale, suivie d'une procédure de levée de doutes, mais aucun départ de feu n'a(vait) été constaté".

"Il y a eu une deuxième alerte à 18h43, et là, le feu a été constaté au niveau de la charpente. Entretemps, l'église avait été évacuée puisqu'une messe avait débuté peu avant".

Les investigations seront "longues, complexes", a prévenu Rémy Heitz mais, a-t-il promis, "tous les moyens sont mis en oeuvre pour arriver à la vérité, pour connaître l'origine de ce terrible incendie".

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Les statues du toit échappent au sinistre

Les seize statues qui ornaient le toit de Notre-Dame de Paris ont échappé au sinistre de justesse, arrivées la semaine dernière dans le sud-ouest de la France pour y être restaurées, mais le coq reliquaire du sommet de la flèche a fondu avant de pouvoir prendre le même chemin.

"Malheureusement le coq a fondu", a déploré mardi Patrick Palem, conseil de la Socra, entreprise de Marsac-sur-l'Isle près de Périgueux, chargée de restaurer les statues de cuivre datant du XIXe siècle des douze apôtres et quatre évangélistes. Elles avaient été hélitreuillées jeudi dernier depuis la flèche qu'elles entouraient.

Le coq de la flèche devait être décroché en juin pour rejoindre à son tour les ateliers de la Socra, société de conservation et restauration d'oeuvres d'art et monuments historiques.

Ce coq, également en cuivre repoussé, abritait, selon le site de la cathédrale, des reliques de sainte Geneviève et saint Denis ainsi qu'un fragment de la couronne d'épines du Christ, censées protéger les Parisiens.

La restauration des seize statues "est pour l'instant arrêtée et repoussée, ce n'est plus la priorité", a déclaré à l'AFP Patrick Palem, spécialiste depuis 40 ans de la restauration du patrimoine, ancien PDG de la Socra qu'il a vendue en octobre.

GEORGES GOBET via Getty Images
La restauration des statues n'est plus une priorité après le tragique incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Ce chantier de la restauration des statues était estimé pour la Socra à "quelque 400 000 euros", a-t-il dit.

"La priorité, c'est un chantier à plus grande échelle, la reconstruction et la rénovation de Notre-Dame qui pourrait prendre entre 15 et 20 ans probablement pour un coût de plusieurs centaines de millions d'euros", a-t-il estimé.

L'extraction des seize statues de la flèche de Notre-Dame qu'elles ornaient avaient donné lieu jeudi à une opération spectaculaire d'hélitreuillage dans le ciel de Paris. Ces oeuvres avaient ensuite été acheminées par camion jusqu'aux ateliers de la Socra.

Elles devaient retrouver définitivement leur place en 2022.

Elles avaient été installées lors de la reconstruction de la flèche de la cathédrale, menée en 1859-1860 par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc qui s'est lui-même fait représenter sous les traits de saint Thomas. La flèche d'origine avait été construite en 1250, puis démontée dans les années 1786-1792.

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