POLITIQUE
15/04/2019 14:30 EDT | Actualisé 16/04/2019 08:39 EDT

Front commun contre le projet de loi sur la laïcité à Montréal

Valérie Plante, et le chef de l'opposition officielle, Lionel Perez, ont parlé d'une seule voix.

MONTRÉAL — Le conseil municipal de Montréal a adopté dans une rare unanimité, lundi, une résolution condamnant le projet de loi du gouvernement québécois sur la laïcité de l'État, qui interdirait le port de tout signe religieux au personnel de l'État en situation d'autorité - notamment les enseignantes.

La mairesse Valérie Plante et le chef de l'opposition officielle, Lionel Perez, ont parlé d'une seule voix, lundi, pour réitérer le caractère déjà laïc de Montréal, tout en appuyant le droit de tous de vivre selon leurs convictions religieuses. Les deux adversaires politiques ont présenté conjointement la résolution bipartisane au conseil municipal. La résolution proclame que les règlements municipaux de Montréal sont neutres, sans égard aux convictions religieuses de ceux qui les adoptent.

Mme Plante a tenu à souligner que l'inclusion "se passe bien à Montréal", où l'ouverture, la tolérance et le respect priment avant tout. Personne ne devrait vivre dans l'incertitude de son emploi parce qu'il choisit de pratiquer sa religion, a-t-elle indiqué, ajoutant qu'il n'y avait pas lieu de mettre en opposition la charte des droits et libertés et nos valeurs et notre culture.

Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Lionel Perez, a de son côté indiqué que le projet de loi 21 sur la laïcité du gouvernement à Québec "ne représente pas une laïcité ouverte, ne représente pas les valeurs montréalaises ni québécoises". Le chef intérimaire d'Ensemble Montréal a espéré que cette belle unité à l'hôtel de ville poussera le gouvernement de François Legault à entendre la voix de Montréal et à modifier le projet de loi.

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Le premier ministre Legault n'a pas fermé la porte, dimanche, à ce qu'il y ait "d'autres modifications, d'autres suggestions".

"Ce n'est pas impossible, mais je pense que sur le fond, il y a une grande majorité de Québécois qui souhaite qu'on interdise les signes religieux pour le personnel de l'État qui est en situation d'autorité", a-t-il quand même répété. Il a aussi rappelé qu'en ce qui concerne les enseignants de niveaux primaire et secondaire, il fallait d'abord penser aux enfants.

"Quand on regarde une enfant de cinq, six, sept ans, c'est clair que l'enseignante ou l'enseignant est en position d'autorité. Il faut penser à l'enfant et il ne faut pas oublier qu'on donne un droit acquis, donc les enseignants actuels ne perdront pas leur emploi", a-t-il rappelé.

La mairesse Plante n'a pas voulu spéculer sur ce que pourrait faire Montréal si le projet de loi était adopté en l'état. Le gouvernement a le droit de présenter un projet de loi, a-t-elle dit, mais il faut maintenant en débattre, notamment en commission parlementaire. Mme Plante a par ailleurs déploré le recours à la disposition dérogatoire, de façon préventive, pour contourner toute contestation de la loi devant les tribunaux. La mairesse de Montréal estime qu'il s'agit d'une façon de court-circuiter le débat et de créer plus d'anxiété.

Mme Plante et M. Perez ont rencontré la presse lundi en marge du dernier conseil municipal dans la salle de l'hôtel de ville où est actuellement accroché un crucifix. Les élus déménageront dans l'édifice voisin le temps d'importants travaux de rénovation; le crucifix ne retrouvera toutefois pas sa place à la fin de ces travaux majeurs.

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