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12/04/2019 12:48 EDT | Actualisé 12/04/2019 15:20 EDT

L'usage de l'anglais progresse en milieu de travail

Le français n'est toujours pas la langue habituelle au travail au Québec, révèle une série d'études de l'Office québécois de la langue française.

10'000 Hours via Getty Images

QUÉBEC — Quarante-deux ans après l'adoption de la loi 101, le français n'est toujours pas la langue commune et habituelle du travail au Québec.

C'est là une des conclusions qui ressort d'une série d'études de l'Office québécois de la langue française (OQLF) rendues publiques vendredi.

De cette synthèse traçant un portrait statistique de l'évolution récente de la situation linguistique au Québec, il appert que des progrès et des reculs ont été enregistrés, qu'il s'agisse de la langue d'enseignement, de l'affichage commercial, de la langue d'accueil dans les commerces ou de la langue de travail.

Sur ce plan, il se dégage qu'on a tendance, depuis une quinzaine d'années, en milieu de travail, à évoluer dans un environnement bilingue français-anglais, à divers degrés selon les secteurs.

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L'usage exclusif du français est donc en baisse. Tout en utilisant le plus souvent le français au travail, les Québécois ont tendance à utiliser de plus en plus l'anglais régulièrement durant les heures de bureau.

La proportion de travailleurs n'utilisant que le français au travail a chuté de quatre points en cinq ans, passant de 60 à 56 pour cent.

Ce phénomène est particulièrement observable chez les jeunes de 18 à 34 ans, rompus à évoluer dans un environnement de travail bilingue.

De même, près du quart des immigrants (24 pour cent) utilisent plutôt l'anglais au travail.

Sans surprise, c'est sur l'île de Montréal et sa couronne que l'anglais progresse en milieu de travail, alors que la proportion de personnes utilisant autant l'anglais que le français est passée de 10 à 14 pour cent, de 2011 à 2016.

Quatre décennies après l'adoption de la Charte de la langue française, votée en 1977, on compte 13 pour cent des entreprises de 50 employés et plus qui n'ont toujours pas obtenu leur certificat de francisation.

Accueil et affichage

Pendant ce temps, l'usage du français comme langue exclusive d'accueil dans les commerces de l'île de Montréal a tendance à diminuer. L'accueil uniquement en anglais ou bilingue (au son de «Bonjour-Hi!») croît d'autant, révèlent les études de l'OQLF.

L'accueil en français uniquement est passé de 84 à 75 pour cent, de 2010 à 2017, tandis que l'accueil bilingue a doublé, passant de 4 à 8 pour cent.

En 2017, l'affichage commercial de 23 pour cent des entreprises de l'île de Montréal n'était pas conforme à la loi.

En conférence de presse, la nouvelle présidente de l'Office, Ginette Galarneau, a eu beaucoup de difficulté à placer toutes ces données en contexte, à dégager et interpréter des tendances. Elle a refusé de répondre à plusieurs questions des journalistes présents sur le sens à donner à toutes ces statistiques.

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