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11/04/2019 16:50 EDT | Actualisé 11/04/2019 16:51 EDT

Ottawa veut limiter l'utilisation de pesticides pour protéger les abeilles

Un long processus...

Les scientifiques du gouvernement fédéral sont en train de finaliser un plan pour restreindre l'utilisation de pesticides très répandus, qui peuvent nuire aux abeilles.

Les recommandations pourraient toutefois devenir caduques dans moins d'un an, si le même ministère décide de mettre en application une décision existante pour interdire l'utilisation de la plupart des pesticides et ainsi protéger d'autres types d'insectes.

Au cours des sept dernières années, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada a réexaminé l'approbation des pesticides à base de nicotine, appelés néonicotinoïdes, qui sont populaires parmi les agriculteurs, les jardiniers et les amateurs de pelouse.

Ce long processus de révision a été compliqué par le fait que le ministère a mené différentes évaluations sur les mêmes produits — l'une portant sur l'impact sur les pollinisateurs tels que les abeilles et l'autre sur les insectes aquatiques.

Bien que Santé Canada ait constaté que certaines utilisations des produits nuisaient aux abeilles, son inquiétude face aux concentrations croissantes dans les eaux souterraines et de surface l'a poussé à décider l'année dernière qu'il était nécessaire d'éliminer la plupart des utilisations des pesticides à l'extérieur au cours des trois à cinq prochaines années.

Le ministère ne prendra pas cette décision avant janvier 2020. Pour l'instant, la décision est d'interdire la pulvérisation de ces produits sur certaines cultures fruitières et de limiter la fréquence à laquelle ils peuvent être utilisés, à partir de 2021.

Rapport sur les pesticides: le gouvernement caquiste refuse de s'engager

Par ailleurs, du côté de Québec, le gouvernement Legault a refusé de s'engager à donner suite à un rapport de 2016 qui proposait des solutions de remplacement aux pesticides.

Le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, a blâmé le gouvernement libéral précédent pour ne pas avoir fait suite au rapport, mais n'a pas voulu lui-même assurer qu'il allait le mettre en oeuvre.

Le rapport en question, obtenu par Radio-Canada, affirme qu'il y a lieu d'agir rapidement et avec vigueur pour inverser la tendance en matière d'usage des pesticides.

Issu de l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), le rapport préconise 11 projets innovateurs de substitution des pesticides actuels par des biopesticides, ou encore des changements dans les pratiques.

"C'est sûr que ça me préoccupe, je suis fâché de connaître cette situation", a déclaré M. Lamontagne, en point de presse jeudi matin avant de se rendre à la réunion du caucus caquiste.

Il a dit avoir demandé à son équipe de "voir ce qui en est", mais a ensuite reproché au gouvernement libéral précédent de n'avoir rien fait en 2016.

"Pourquoi il n'a pas donné suite à ce rapport?" a-t-il demandé, tout en préférant prendre connaissance du contenu avant de s'engager à le mettre en oeuvre.

Cependant, il a manifesté son ouverture. "Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas faire ce qui peut être fait rapidement dans les propositions de ce rapport", a-t-il expliqué.