BIEN-ÊTRE
11/04/2019 13:11 EDT | Actualisé 11/04/2019 13:11 EDT

Les mères exposées au bruit sont plus à risque d'hospitalisation pour dépression

Trois chercheuses du Centre de recherche du CHUM ont étudié une cohorte de 140 456 femmes habitant sur l'île de Montréal.

Westend61 via Getty Images

Les Montréalaises qui ont eu un enfant entre 2000 et 2016 étaient plus à risque d'être hospitalisées pour une dépression ou un trouble de santé mentale si elles habitaient un quartier bruyant, démontre une nouvelle étude.

Trois chercheuses du Centre de recherche du CHUM — la docteure Nathalie Auger, Audrey Smargiassi et Marianne Bilodeau-Bertrand — ont étudié une cohorte de 140 456 femmes habitant sur l'île de Montréal.

Elles ont découvert que, comparativement à un bruit ambiant nocturne de 50 décibels, les mères qui étaient exposées à un bruit ambiant nocturne de 60 décibels augmentaient de 32 pour cent leur risque d'être hospitalisées pour une dépression. Un bruit ambiant nocturne de 70 décibels gonflait ce risque de 68 pour cent.

De plus, toujours en comparaison avec un bruit de 50 décibels, une exposition à un bruit nocturne de 60 décibels augmentait de 26 pour cent le risque d'hospitalisation pour trouble de santé mentale (anxiété, bipolarité, psychose, schizophrénie, etc.)

«La dépression post-partum est une problématique importante chez les femmes. Le risque est élevé durant la première année après l'accouchement, a expliqué la docteure Auger. On voulait voir si le bruit pourrait être un déterminant chez ces femmes-là. Et on a trouvé que ce n'était pas seulement la dépression post-partum, mais aussi le reste plus tard dans la vie.»

Le bruit ambiant moyen (sur 24 heures) auquel ces femmes hospitalisées avaient été exposées était de 58,2 décibels.

À titre indicatif, 50 décibels correspondent au bruit dans un bureau calme, une conversation normale s'apparente à 60 décibels et le bruit d'un sèche-cheveux est de 70 décibels.

«On a trouvé les résultats intéressants, surtout pour le bruit la nuit, a ajouté la docteure Auger. Ça renforce les hypothèses que les facteurs liés à la dépression incluent l'environnement. Le sommeil est important pour la santé mentale. Mais c'est une étude épidémiologique. On ne peut pas prouver de lien causal entre le bruit et la dépression.»

Environ 41 pour cent des participantes à cette étude habitaient un quartier où le bruit nocturne était de moins de 55 décibels et 42 pour cent d'entre elles étaient soumises à un bruit de nuit 55 à 59,9 décibels. Quinze pour cent des participantes étaient exposées à un bruit de fond de 60 à 64,9 décibels la nuit, tandis que près de 2 pour cent d'entre elles devaient endurer plus de 65 décibels la nuit.

Une étude réalisée en 2010 et 2014 par Mme Smargiassi avait démontré que, dans l'ensemble de l'île de Montréal, le bruit ambiant extérieur oscillait entre 50,5 décibels et 68,8 décibels, selon le secteur.

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal scientifique Environmental Research.

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