POLITIQUE
11/04/2019 16:57 EDT | Actualisé 11/04/2019 17:07 EDT

La Fédération des Québécois de souche voit son mémoire retiré du site de l'Assemblée nationale

Ce groupe avait salué les politiques d'immigration de la CAQ.

La Presse canadienne
Le premier ministre François Legault s'est immédiatement dissocié de ces groupes.

QUÉBEC - Un groupe identitaire québécois qui souhaite préserver «l'identité ethnique» des «descendants des colons de la Nouvelle-France» a vu son mémoire retiré du site de l'Assemblée nationale, après avoir suscité un tollé.

La Fédération des Québécois de souche (FQS) avait déposé ce document auprès de la Commission des relations avec les citoyens pour les consultations sur le projet de loi 9. Il applaudissait la réforme de l'immigration entreprise par le gouvernement Legault.

Le blogueur Xavier Camus a relevé jeudi matin sur les médias sociaux que l'ex-ministre MarieChantal Chassé, maintenant présidente de la commission, avait la responsabilité de déposer le mémoire de ce groupe lié à l'extrême-droite.

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La FQS a été fondée en 2007 par Maxime Fiset, un ex-néonazi devenu un militant anti-racisme.

Or, Mme Chassé n'avait rien à se reprocher. La coutume veut que la présidence de la commission dépose ces mémoires à la fin des auditions publiques ou lors de l'étude détaillée du projet de loi, afin de les rendre disponibles à la population.

Mme Chassé n'avait donc pas le choix de déposer ce document dans le cadre de ses fonctions. «Ce dépôt ne signifie pas que la présidence ou les membres de la commission endossent le contenu de ces mémoires», ajoute Julie Champagne, conseillère en communication de l'Assemblée nationale du Québec.

Le premier ministre François Legault s'est dissocié du mémoire de ce groupe d'extrême-droite, en le qualifiant d'«extrême». Il a appelé tous les partis à la prudence, pour ne pas mettre d'huile sur le feu.

La Commission des relations avec les citoyens a finalement décidé de retirer le controversé mémoire, après un vote à l'unanimité. Des termes ont été jugés non-parlementaires par les membres de la Commission.

La FQS prône une «assimilation complète»

Dans son document, la FQS félicite le gouvernement Legault de «s'être attaqué à la révision du système d'immigration» et d'avoir reconnu que le «problème» est une «immigration incontrôlée et non ceux qui s'en inquiètent».

L'organisation recommande une réduction du nombre annuel d'immigrants - comme le suggère le gouvernement pour l'année 2019 - et une priorisation des «peuples francophones d'Europe ou de la diaspora canadienne-française ou acadienne».

Le premier ministre Legault avait déjà déclaré dans un passé récent qu'il souhaitait voir plus de Français et d'Européens francophones au Québec et ce, même s'il réduit les quotas d'immigration cette année.

Pour les autres immigrants qui présenteraient des «difficultés d'intégration» et poseraient un «risque (...) de changer l'identité même des Québécois», la FQS recommande une «assimilation complète», ni plus ni moins.

La FQS enjoint aussi Québec à demeurer ferme dans ses négociations avec Ottawa, car «il y va (sic) de la survie même de l'identité de notre nation».

Un amour de La Meute non réciproque

Cet appui non sollicité d'un groupe d'extrême-droite survient peu de temps après que La Meute eut salué les politiques du gouvernement Legault en termes de laïcité et d'immigration.

Le premier ministre Legault s'était encore là immédiatement dissocié du groupe.

Le porte-parole de La Meute, Sylvain «Maikan» Brouillette, a alors répliqué que ses loups n'étaient pas «rancuniers». «C'est plate pour vous, mais nous on vous aime, pour le moment...» a-t-il écrit sur la page publique du groupe identitaire.

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