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11/04/2019 07:25 EDT | Actualisé 11/04/2019 11:47 EDT

Julian Assange arrêté dans l'ambassade d'Équateur

Le fondateur de WikiLeaks y était réfugié depuis 7 ans.

La police britannique a arrêté jeudi le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, à l'ambassade de l'Équateur à Londres, après que la nation sud-américaine eut décidé de révoquer l'asile politique qui le protégeait depuis près de sept ans.

La police de Londres a déclaré qu'elle avait été invitée à se rendre à l'ambassade par l'ambassadeur de l'Équateur. M. Assange s'est réfugié à l'ambassade en 2012 après avoir été libéré sous caution alors qu'il risquait d'être extradé vers la Suède pour des allégations d'agression sexuelle, abandonnées depuis.

M. Assange est sous surveillance du département américain de la Justice depuis des années pour le rôle de Wikileaks dans la publication de milliers de secrets du gouvernement. Il a également joué un rôle important dans l'enquête menée par l'avocat spécial Robert Mueller sur la Russie, alors que les enquêteurs ont examiné comment Wikileaks a pu obtenir des courriels volés à la campagne présidentielle d'Hillary Clinton et à des groupes démocrates.

Le département de la Justice a accusé Julian Assange d'avoir comploté avec l'ancienne analyste du renseignement Chelsea Manning pour pirater un ordinateur du gouvernement contenant des informations classifiées.

Son avocat a déjà déclaré que M. Assange prévoyait se battre contre toute accusation déposée contre lui par les États-Unis.

M. Assange a ensuite comparu devant la Cour des magistrats de Westminster, où le juge Michael Snow l'a rapidement reconnu coupable d'avoir contrevenu aux conditions de sa remise en liberté, balayant du revers de la main les allégations de M. Assange de ne pas avoir eu droit à une audience juste et d'avoir eu une bonne raison pour ne pas comparaître.

"Le comportement de M. Assange est celui d'un individu narcissique qui est incapable d'aller au-delà de ses propres intérêts égoïstes, a dit le juge. Il n'est même pas proche de démontrer une 'excuse raisonnable'."

M. Assange a salué la salle d'audience bondée avant d'être emmené en cellule. Il comparaîtra par visioconférence le 2 mai, relativement à la demande d'extradition.

Le président de l'Équateur, Lenin Moreno, a déclaré que son gouvernement avait pris une "décision souveraine" de révoquer l'asile politique de Julian Assange en raison de "violations répétées des conventions internationales et de la vie quotidienne".

"Aujourd'hui, j'annonce que le comportement discourtois et agressif de M. Julian Assange, les déclarations hostiles et menaçantes de son organisation alliée, contre l'Équateur, et en particulier la violation de traités internationaux, ont fait en sorte que l'asile de M. Assange est insoutenable et n'est plus viable", a déclaré M. Moreno dans une vidéo publiée sur Twitter.

La vidéo mise en ligne par Ruptly, un service de presse de Russia Today, montrait plusieurs hommes en complet menant M. Assange hors du bâtiment de l'ambassade et le faisant monter dans un fourgon de police, tandis que des policiers britanniques en uniforme formaient un passage. M. Assange arborait une barbe généreuse et des cheveux gris lisses.

WikiLeaks a rapidement attiré l'attention sur l'intérêt des États-Unis pour M. Assange.

"De puissants acteurs, dont la CIA, sont engagés dans un effort sophistiqué pour le déshumaniser, lui retirer sa légitimité et l'emprisonner", peut-on lire dans un message sur Twitter, accompagné d'une photo du visage souriant de M. Assange.

Julian Assange n'était pas sorti de l'ambassade depuis près de sept ans, craignant d'être arrêté et extradé aux États-Unis pour avoir publié des milliers de câbles militaires et diplomatiques secrets via WikiLeaks. Bien que la Suède ait abandonné l'affaire d'agression sexuelle ayant conduit à l'arrestation de M. Assange en Grande-Bretagne, les autorités britanniques ont déclaré qu'il serait arrêté à nouveau s'il quittait l'ambassade parce qu'il n'avait pas respecté une condition de sa libération sous caution dans le dossier initial.

Le service de police métropolitain de Londres a indiqué que M. Assange était détenu "dans un commissariat du centre de Londres où il restera, avant d'être mené au tribunal de Westminster Magistrates' Court dès que possible".

Son arrestation intervient un jour après que WikiLeaks eut accusé le gouvernement de l'Équateur d'une "vaste opération d'espionnage" contre Julian Assange.

WikiLeaks affirme que des réunions avec des avocats et un médecin au sein de l'ambassade au cours de l'année écoulée ont été secrètement filmées.

WikiLeaks a aussi déclaré dans un communiqué publié sur Twitter que l'Équateur avait illégalement mis fin à l'asile politique de Julian Assange, "en violation du droit international".

Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a remercié M. Moreno pour avoir mis fin à l'impasse, affirmant sur Twitter que M. Assange "n'est pas un héros et que personne n'est au-dessus de la loi".