POLITIQUE
10/04/2019 14:15 EDT | Actualisé 10/04/2019 14:15 EDT

Projet de loi sur les signes religieux: la CAQ fait dans l'électoralisme pur, déplorent les libéraux

«C'est un gouvernement qui fonctionne selon les sondages», a martelé Pierre Arcand.

Jacques Boissinot/La Presse canadienne

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault a été incapable, mercredi, de fournir quelque donnée scientifique que ce soit pour justifier son projet de loi 21 sur la laïcité.

Le chef intérimaire libéral, Pierre Arcand, en a profité pour dénoncer l'électoralisme de la Coalition avenir Québec (CAQ), alors que le débat autour des signes religieux ne cesse de s'envenimer.

En réponse à une question mercredi, et après la sortie du sociologue Gérard Bouchard sur les ondes de Radio-Canada, M. Legault a vaguement cité «ce qui se fait ailleurs» comme base pour le projet de loi 21.

Une fois adopté, ce projet de loi fera en sorte d'interdire le port de signes religieux à certaines catégories d'employés de l'État, dont les enseignants du primaire et du secondaire.

Il fera primer l'objectif de laïcité de l'État sur le respect des droits individuels, dont la liberté religieuse, garantis par la Charte canadienne des droits et libertés et la Charte québécoise des droits de la personne. En vertu du principe de «droit acquis», les employés visés déjà en fonction pourront cependant continuer à porter leurs signes religieux, tant qu'ils conservent leur poste actuel.

La pièce législative a été qualifiée de radicale et de honteuse par les coauteurs du rapport Bouchard-Taylor, qui avaient sillonné le Québec en 2007-2008 pour finalement recommander de bannir le port de signes religieux chez les employés de l'État en position d'autorité coercitive. Charles Taylor est depuis revenu sur ses propres recommandations, tandis que M. Bouchard a déploré «l'absence de modération» dans le projet de loi 21.

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Qu'importe, le gouvernement Legault a continué de dire, mercredi, que le rapport Bouchard-Taylor lui a servi de «large inspiration». Le premier ministre a ajouté qu'outre ce rapport, il s'est inspiré de ce qui s'est fait ailleurs dans le monde, entre autres en France et au Maroc.

A-t-il fait une analyse comparative? Existe-t-il un document? Des études? Des données scientifiques? Comment savoir si le modèle de la France ou du Maroc est applicable au Québec? Toutes ces questions sont restées sans réponse, M. Legault se contentant de répéter qu'il a l'aval d'une majorité de Québécois.

«C'est un souhait d'une majorité de Québécois, moi je trouve ça logique, a-t-il dit. C'est raisonnable de dire qu'un policier ou une policière ne devrait pas porter de signes religieux au cas où le prévenu soit d'une autre religion, il me semble que c'est le gros bon sens.»

La CAQ s'appuie d'abord et avant tout sur des sondages d'opinion, déplore l'opposition officielle libérale. «Il y a beaucoup d'électoralisme de leur part, a affirmé M. Arcand. Pendant la campagne électorale, certaines personnes étaient mécontentes des commissions scolaires, bon on bloque les commissions scolaires, (...) elles voulaient que les CHSLD soient meilleurs, alors là ils arrivent avec un concept très flou de maisons des aînés.

«C'est un gouvernement qui fonctionne selon les sondages», a-t-il martelé.

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