BIEN-ÊTRE
10/04/2019 09:54 EDT | Actualisé 10/04/2019 19:09 EDT

Les filles Fattoush: cuisiner comme à la maison pour s'intégrer au Québec

Ces femmes syriennes partagent leur nourriture et leur culture.

L'odeur et les bruits de la cuisine des Filles Fattoush seraient familiers à n'importe qui ayant travaillé dans le milieu de la restauration. La lumière froide fait écho à la température maintenue dans la pièce. Les instruments culinaires industriels s'entassent, mais les cuisinières présentes ce jour-là les contournent habilement.

Elles se parlent entre elles et soudainement, on décolle de cette cuisine de Ville Mont-Royal pour atterrir à Alep ou Damas. La langue d'office dans cette cuisine est l'arabe et la nourriture qu'on y cuisine est la même que ces dames préparaient chez elles, en Syrie.

Ces femmes ont fui la guerre pour une promesse de jours meilleurs, ici au Québec. Certaines sont arrivées il y a quatre ans, d'autres aussi récemment que l'année dernière. L'adaptation au nouvel environnement ne passe pas seulement par l'acceptation du froid - de toute façon, qui est vraiment capable de s'y faire? L'intégration doit passer surtout par l'apprentissage du français, parce que sans la maîtrise de la langue, difficile de se trouver un emploi.

Une des femmes des Filles Fattoush

C'est ici que le travail des Filles Fattoush se met en branle. L'organisme «offre de l'expérience de travail aux femmes réfugiées syriennes du Québec» et leur permet de transmettre leur culture aux Québécois à travers la nourriture.

C'est une quinzaine de femmes qui participent à l'initiative de Josette Gauthier et d'Adelle Tarzibachi. Le service de traiteur est offert pour des compagnies ou des évènements et elles peuvent servir jusqu'à 500 personnes.

Il y a aussi une grande fierté pour ces femmes qui peuvent redonner à leur terre d'accueil avec de la nourriture traditionnelle. Le Québécois moyen est très habitué à la cuisine du pays voisin, le Liban, moins à celle de la Syrie.

Nourriture traditionelle syrienne

Les Libanais sont au Québec depuis longtemps et ils ont même percé le marché du fast food. Les Syriens eux sont arrivés plus récemment et outre quelques restaurants à Montréal, on trouve moins d'endroits pour déguster cette version de la cuisine du Moyen-Orient.

Et c'est donc aussi ça la mission des Filles Fattoush: partager leur culture et leurs délicieuses traditions culinaires.