POLITIQUE
08/04/2019 12:14 EDT | Actualisé 08/04/2019 12:49 EDT

La ministre McCann dit comprendre l'impatience des infirmières

Les infirmières dénoncent le recours au temps supplémentaire obligatoire, une mesure devenue trop facile et courante, selon elles.

Jacques Boissinot/La Presse canadienne
La ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Danielle McCann (photo d'archives)

Alors que les infirmières de la FIQ s'abstiennent de faire des heures supplémentaires obligatoires, lundi, selon la consigne syndicale, la ministre de la Santé, Danielle McCann, leur réitère sa volonté de résoudre le problème le plus tôt possible. Et elle dit comprendre leur impatience.

Ce lundi 8 avril, les membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé, la grande organisation syndicale qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, refusent de faire des heures supplémentaires obligatoires, sauf lors de situations urgentes ou exceptionnelles.

Ce moyen de pression avait été annoncé le 2 avril par la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, laissant ainsi du temps aux dirigeants d'établissement pour se préparer.

Lundi, la FIQ se réjouissait des effets bénéfiques de cette façon de procéder. "Première journée nationale sans TSO: les employeurs semblent avoir adopté de bonnes pratiques de gestion aujourd'hui. Ils n'ont pas hésité à renforcer les équipes et même à faire travailler leur personnel d'encadrement", faisait-elle savoir.

Il importe de souligner que lors des audiences devant le Tribunal administratif du travail, jeudi dernier, le Comité patronal de négociation de la santé et des services sociaux l'avait assuré que les établissements de santé avaient pris "tous les moyens nécessaires pour établir les horaires de travail afin d'éviter de recourir à du TSO lors de la journée du 8 avril". Il y a donc eu modification des façons de faire en prévision de cette journée.

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C'est d'ailleurs la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, qui leur avait adressé un message à cet effet.

Mais vendredi dernier, dans sa décision, le Tribunal admettait lui-même que cette journée de refus du TSO entraînerait des annulations d'interventions chirurgicales. "Le Tribunal ajoute et déplore que, malheureusement, ces mesures vont, dans certains établissements, jusqu'à annuler des chirurgies électives et réduire certains services", avait écrit la juge administrative Hélène Bédard.

Reste que le Tribunal a ordonné aux infirmières d'accepter "sans condition" toute demande de temps supplémentaire obligatoire de la part des employeurs, mais en prenant la peine de préciser "lors de situations urgentes et exceptionnelles". C'est donc dire qu'elles peuvent refuser les heures supplémentaires obligatoires dans les autres occasions.

Les infirmières dénoncent justement le fait que cette façon de recourir au fameux TSO est devenue trop facile pour bien des gestionnaires d'établissements, forçant ainsi des infirmières à faire des quarts de 16 heures.

La ministre a déjà pris l'engagement d'abolir le TSO durant son mandat et compte s'y attaquer dès maintenant. Elle a déjà affirmé qu'il s'agissait de sa priorité numéro un.

Une somme de 200 millions $ a déjà été prévue dans le dernier budget du ministre Eric Girard, mais elle vaut aussi pour les autres corps d'emploi, pas seulement pour les infirmières. La FIQ demandait 350 millions $.