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05/04/2019 11:48 EDT | Actualisé 05/04/2019 13:00 EDT

SNC-Lavalin vend une partie de ses actions de l'autoroute 407 à OMERS

La firme d'ingénierie devra toutefois continuer à respecter une condition l'obligeant à maintenir son siège social au Québec.

MONTRÉAL — SNC-Lavalin empochera jusqu'à 3,25 milliards $ en vendant une partie de sa participation dans l'autoroute ontarienne à péage 407 - une somme qui servira à rembourser une portion d'un prêt contracté auprès de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

La firme d'ingénierie devra toutefois continuer à respecter une série de conditions, comme celle l'obligeant à maintenir son siège social au Québec jusqu'en 2024.

"Je peux confirmer qu'il n'y a aucun changement de ce côté", a indiqué vendredi le porte-parole du gestionnaire québécois de régimes de retraite, Maxime Chagnon, au cours d'un entretien téléphonique.

SNC-Lavalin envisageait depuis plus de six mois une vente partielle afin de rembourser son emprunt de 1,5 milliard $ contracté à la CDPQ - son plus important actionnaire avec une participation d'environ 20 pour cent - afin de l'aider à acquérir la firme londonienne WS Atkins en 2017.

Cette entente obligeait la firme - confrontée à des difficultés financières en plus d'être mêlée à une tempête politique qui ébranle le gouvernement Trudeau - à conserver son siège social à Montréal jusqu'en 2024, soit pendant la durée du prêt. La composition du conseil d'administration devra continuer à dépasser les exigences légales en matière de représentativité québécoise et canadienne.

SNC-Lavalin a déjà remis 500 millions $ au bas de laine des Québécois et la firme remettra 600 millions $ de plus grâce à la transaction annoncée vendredi avec le Régime de retraite des employés municipaux de l'Ontario (OMERS).

L'entente permettra à OMERS d'être propriétaire de l'autoroute 407 à hauteur de 10,01 pour cent, ce qui réduira à 6,76 pour cent la participation de SNC-Lavalin.

"À notre avis, il s'agit d'un actif unique et exceptionnel que le marché a sous-évalué pendant des années", a souligné le président et chef de la direction de la firme, Neil Bruce, par voie de communiqué.

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La vice-présidente au capital et trésorière chez SNC-Lavalin, Stéphanie Vaillancourt, a indiqué à La Presse canadienne que la société n'avait pas l'intention de vendre, "à court terme", le reste de sa participation.

À la clôture de la transaction, d'ici environ deux mois, OMERS versera 3 milliards $ à SNC-Lavalin et allongera 250 millions $ de plus au cours de la prochaine décennie, si certaines cibles de performance sont atteintes.

Un peu de répit

En réduisant sa participation dans l'autoroute 407, SNC-Lavalin, décotée en février par Standard & Poor's, "rééquilibre automatiquement son bilan financier", a estimé l'analyste Yuri Lynk, de Cannacord Genuity.

Par ailleurs, l'entreprise a obtenu un taux d'intérêt moins élevé - environ 3 pour cent plutôt que 6 pour cent - sur la tranche restante de 400 millions $ à rembourser à la CDPQ.

M. Chagnon a expliqué que la Caisse demeurait "très à l'aise" avec son investissement, notamment parce que la taille du prêt a été "considérablement réduite".

"Nous avons fait cela (la négociation) selon les conditions de marché comme on le fait toujours, a-t-il dit. Nous avons considéré l'ensemble des conditions, pas un seul élément. Il y a d'autres aspects qui compensent l'ajustement du taux."

Selon les analystes, le produit net de la transaction devrait être de 2,8 milliards $. Elle accorde également une valeur de 27 $ par action à la participation de SNC-Lavalin dans l'autoroute 407, ce qui est inférieur au consensus de 28 $, selon Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux.

Dans une note, l'analyste a estimé que SNC-Lavalin allait probablement racheter des actions jusqu'à hauteur de 1,4 milliard $ à long terme.

"Même si la valeur obtenue par SNC-Lavalin est inférieure aux attentes, nous estimons que le produit net obtenu permettra à l'entreprise de réduire son endettement et profiter du cours actuel de l'action", a écrit M. Poirier.

Depuis la fin janvier, à la Bourse de Toronto, le titre de SNC-Lavalin a effacé environ 30 pour cent de sa valeur pour se négocier aux alentours de 34 $, entre autres en raison des importantes révisions à la baisse de bénéfices pour l'exercice 2018.

En plus de perspectives plus sombres en Arabie saoudite - l'un de ses principaux marchés - découlant de la détérioration des relations diplomatiques entre Ottawa et Riyad, SNC-Lavalin a vu la société d'État chilienne Codelco mettre fin à un important contrat.