POLITIQUE
05/04/2019 16:59 EDT | Actualisé 08/04/2019 12:27 EDT

Le projet de loi sur la laïcité est qualifié de «nettoyage ethnique» par un élu

La déclaration du maire de Hampstead a pris de court la demi-douzaine d'élus présents.

Samere Fahim Photography via Getty Images

MONTRÉAL — Le débat sur le projet de loi 21 sur la laïcité du gouvernement Legault a dérapé, vendredi, lors d'une conférence de presse annonçant la tenue d'une manifestation contre ce projet de loi dans deux semaines.

Le maire de Hampstead, William Steinberg, a affirmé que le projet de loi 21 représente une forme de «nettoyage ethnique».

Sa déclaration a pris de court la demi-douzaine d'élus et leurs représentants issus de municipalités de l'Ouest de l'île de Montréal, du gouvernement provincial et du gouvernement fédéral, qui s'en sont distancés aussitôt.

Le maire Steinberg a affirmé qu'une société laïque n'impose pas une religion par-dessus les autres, ce qu'il a reproché au projet de loi 21 de faire.

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Selon lui, la résultante sera que les juifs, musulmans et sikhs non seulement ne voudront pas venir au Québec en raison de l'accès limité à certains emplois, mais que ceux qui s'y trouvent déjà auront tendance à vouloir partir.

Il en a conclu qu'il s'agissait d'une tentative de faire partir ceux qui pratiquent des religions minoritaires, ne laissant que des non-croyants et des chrétiens au Québec.

Il a complété son raisonnement en affirmant qu'il s'agissait là de «nettoyage ethnique, pas avec un fusil, mais avec une loi», ajoutant qu'il était «raciste» et «ignoble» d'agir ainsi.

À ses côtés, le député libéral fédéral de Mont-Royal, Anthony Housefather, le maire de Côte-Saint-Luc, Mitchell Brownstein, le maire de Montréal-Ouest, Beny Masella, le conseiller municipal de Snowdon, Marvin Rotrand, ainsi qu'un représentant du député libéral provincial de D'Arcy-McGee David Birnbaum, avaient du mal à cacher leur malaise lorsque le maire Steinberg a lancé ce pavé dans la mare. Aucun n'a voulu endosser de tels propos.

De son côté, le ministre de l'Immigration et parrain du projet de loi 21, Simon Jolin-Barrette, a qualifié ces propos d'inacceptables, ajoutant que de telles accusations n'avaient pas leur place.

Il a appelé au calme et à la sérénité pour débattre de la question et a invité le maire Steinberg à faire part de sa divergence d'opinion dans le respect des opinions de tous les Québécois.