POLITIQUE
04/04/2019 13:44 EDT | Actualisé 04/04/2019 15:04 EDT

Libéraux et solidaires accusent François Legault de ne pas se comporter en premier ministre

Pierre Arcand a même évoqué l'esprit de René Lévesque pendant la période de questions.

QUÉBEC - Tant le Parti libéral du Québec (PLQ) que Québec solidaire (QS) ont remis en doute la capacité du premier ministre François Legault à agir en tant qu'homme d'État sur deux dossiers différents.

La période de questions de jeudi a pris une tournure inattendue lorsque le chef libéral par intérim, Pierre Arcand, a fait allusion au «mentor» de M. Legault, l'ex-premier ministre René Lévesque. De l'avis du chef de l'opposition officielle, M. Lévesque n'aurait jamais usé d'un bâillon pour faire adopter un projet de loi comme celui sur l'interdiction de signes religieux.

«La triste réalité, c'est que, contrairement à lui, vous méprisez ceux qui ne pensent pas comme vous, a dit M. Arcand à M. Legault. Vous dites même aux futurs enseignants: "si vous n'êtes pas contents, allez voir ailleurs".»

«Est-ce que vous êtes vraiment digne de la fonction de premier ministre?»

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La question a fait bondir le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, qui est aussi le porteur du projet de loi sur la laïcité. «Je lui demanderais [à M. Arcand] de retirer ses propos. Il s'adresse au premier ministre du Québec», a-t-il dit au président de l'Assemblée.

M. Legault s'est dit déçu de l'attitude du chef de l'opposition officielle, avant de se défendre de vouloir «bulldozer» le projet de loi avant le mois de juin.

Prise de position dans le conflit d'ABI

Un peu plus tard, c'est la chef parlementaire de Québec solidaire, Manon Massé, qui a questionné le premier ministre sur son ingérence dans le conflit de travail chez ABI. Elle l'accuse d'avoir «saboté le rapport de force» du syndicat en prenant position contre eux.

«Si, un jour, c'est le patron qui n'est pas raisonnable, je vais le dire. Mais, dans ce cas-ci, c'est le syndicat qui n'est pas raisonnable», s'est défendu M. Legault.

Un chef d'État, ça s'occupe de son peuple. Un PDG, ça se préoccupe des actionnaires. Je n'en reviens pas de ce que je viens d'entendre. Manon Massé

Le Parti québécois n'a pas été si tendre à l'endroit du gouvernement non plus.

Le chef par intérim Pascal Bérubé a accusé le premier ministre d'agir de façon «idéologique» dans le dossier des maternelles 4 ans, alors que la majorité des parents, selon lui, veulent des places dans les centres de la petite enfance (CPE).

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