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03/04/2019 13:08 EDT | Actualisé 05/04/2019 10:57 EDT

STM: une nouvelle étude montre les obstacles à l'abandon de la voiture solo

Les considérations familiales seraient particulièrement importantes dans le choix de prendre ou non les transports en commun.

Maskot via Getty Images

Les automobilistes connaissent mal les options de transport en commun offertes dans la métropole, selon une nouvelle étude de la Société de transport de Montréal (STM). Même si leur appréciation de cette offre augmente grandement après quelques semaines d'essais, très peu seraient portés à abandonner leur voiture.

En septembre, la STM s'est penchée sur les obstacles à l'adoption du transport en commun par les automobilistes «purs et durs». L'étude, qui n'a pas été publiée mais qui a été ébruitée par le professeur Jacques Nantel dans une chronique à Radio-Canada, décrit les habitudes et les appréciations d'une vingtaine d'automobilistes qui ont obtenu un accès gratuit à toute la gamme de transport offerte à Montréal.

En plus des bus et du métro, ils avaient accès à Bixi, à Communauto, à Téo Taxi et à Netlift.

Cliquez ici pour lire l'étude:

Courtoisie - STM
La STM a commandé à la firme CROP une nouvelle étude sur les obstacles à l'abandon de la voiture solo au profit du transport en commun.

Constat: leur appréciation générale du transport en commun est passée de 4,9 sur 10 à 6,9 sur 10... mais aucun des participants n'envisage de vendre sa voiture pour se déplacer uniquement en transports collectifs.

Selon le rapport, certains participants envisagent tout de même d'intégrer un mode de transport collectif ou un autre à certains moments précis.

Méconnaissance du réseau

Selon Marie-Christine Langlois, conseillère en enquêtes et recherche à la STM, les automobilistes sondés avaient une vision «passéiste» des transports en commun. Ils connaissaient mal les nouveaux modes offerts depuis quelques années, ou encore les améliorations technologiques comme l'arrivée du réseau cellulaire et des trains AZUR dans le métro.

Ils craignaient aussi la combinaison de plusieurs modes pour se rendre d'un point A à un point B.

«Quand on parle de mobilité intégrée, ça fait peur. Mais lorsqu'on se met à prendre les moyens de transport les uns après les autres, et bien finalement on se rend compte que c'est facile.»Marie-Christine Langlois

Une meilleure connaissance de l'offre pourrait donc améliorer la perception des transports en commun parmi les automobilistes, comme ce fut le cas pour les 20 participants de l'étude.

Le rapport suggère aussi des outils simplifiés pour planifier les déplacements. La STM a d'ailleurs lancé un projet d'application qui intégrera l'ensemble des transporteurs publics et privés du Grand Montréal en un seul outil, baptisé provisoirement «Céleste». Le dossier a depuis été transféré à l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui se penche également sur la tarification.

Obstacle majeur: les jeunes enfants

Un obstacle important se dresse toutefois devant la STM: les parents de jeunes enfants refusent absolument de délaisser la voiture.

«L'utilisation des transports en commun avec de jeunes enfants s'avère être un frein qui sera très, très difficile à contourner. Les participants qui avaient de jeunes enfants disaient que le transport collectif était trop compliqué dès qu'ils devaient se déplacer avec eux. Ils avaient peur d'être en retard pour l'école, pour la garderie ou pour leurs activités parascolaires», souligne Mme Langlois.

Parallèlement, les participants de l'étude ont grandement sous-estimé le coût de leur véhicule. Ils estiment dépenser environ 200$ par mois en paiements, en essence, en stationnement, en immatriculation, en réparations, etc., alors que le coût véritable serait plutôt de 400$ selon le professeur Nantel.

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La STM pourra difficilement faire compétition à la liberté d'action d'une voiture, notamment pour des déplacements spontanés, note l'experte. Mais Philippe Déry, conseiller aux affaires publiques de la STM, rappelle que le réseau d'autobus sera revu de fond en comble pour tenir compte des nouvelles infrastructures de transport qui seront bientôt accessibles.

Rappelons que, d'ici 2026, les Montréalais auront accès au Réseau express métropolitain (REM), à la prolongation de la ligne bleue du métro, à plusieurs services rapides par bus (SRB) dont celui sur le boulevard Pie-IX, à 300 autobus additionnels ainsi qu'à un réseau étendu de vélos Bixi. Dans son dernier budget, le gouvernement du Québec a aussi mis à l'étude la prolongation de la ligne jaune à Longueuil et l'ajout de tramways dans l'Est et sur la Rive-Sud.

Mardi, l'opposition à l'hôtel de ville a demandé que le métro soit ouvert toute la nuit pendant 13 fins de semaine d'été. Cela permettrait aux gens avec des horaires atypiques ou au fêtards excentrés de se déplacer sans voiture.

Cette option, utilisée dans d'autres villes, serait toutefois impossible à Montréal selon M. Déry.

«Contrairement à d'autres métros du monde, le réseau de Montréal ne comprend pas des doubles voies qui permettraient d'offrir le service tout en en faisant l'entretien», souligne-t-il.

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) souhaite que les transports en commun représentent 35% des déplacements pendant l'heure de pointe matinale d'ici 2035. La proportion est actuellement d'environ 24%.