POLITIQUE
01/04/2019 12:40 EDT | Actualisé 01/04/2019 13:59 EDT

Nouvelle manoeuvre d'obstruction parlementaire dans l'affaire SNC-Lavalin

Le député conservateur Pierre Poilievre promet d'en avoir pour de longues heures.

PC/Sean Kilpatrick
Photo d'archives de Pierre Poilievre.

La Chambre des communes est à nouveau perturbée par l'affaire SNC-Lavalin.

Peu après 12h, lundi, un député conservateur a entamé un discours qu'il n'entend finir que lorsque le gouvernement libéral acceptera qu'un comité parlementaire reprenne l'étude de cette affaire.

Avant de se lancer dans son discours-fleuve, Pierre Poilievre a convoqué la presse dans le foyer de la Chambre des communes.

"Je vais continuer à parler à la Chambre des communes (...) jusqu'au moment où M. (Justin) Trudeau mettra fin au camouflage et permettra à tous les témoins de paraître devant le comité", a-t-il prévenu.

Son discours étant la réponse de l'opposition officielle au budget déposé le 19 mars dernier, les règles parlementaires n'en limitent pas la durée.

La manoeuvre d'obstruction devra cependant être suspendue quotidiennement pour l'heure de la période des questions, ainsi qu'à la fin de chaque journée. Et on peut déjà prévoir sa fin, puisque la réponse au budget se fait normalement en quatre jours.

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La dernière fois qu'une réponse au budget a servi d'outil à une obstruction parlementaire, c'était en avril 2012. Le néo-démocrate Peter Julian avait parlé pendant 14 heures étalées sur les quatre jours.

Il y a deux semaines, les conservateurs ont réussi à faire siéger les parlementaires nuit et jour, en imposant un vote d'une trentaine d'heures. Cet exercice-là aussi avait pour but d'attirer l'attention sur l'affaire SNC-Lavalin.

Vendredi, l'ex-ministre Jody Wilson-Raybould a ajouté de l'eau au moulin de l'opposition en publiant l'enregistrement d'une conversation qu'elle avait eue avec le greffier du Conseil privé, en décembre. On l'y entend répéter à plusieurs reprises qu'elle estime qu'intervenir pour éviter un procès à SNC-Lavalin serait de l'ingérence politique.

Les conservateurs réclament que le comité de la justice ou le comité de l'éthique puisse appeler une douzaine de témoins dont l'ex-ministre. Les libéraux, majoritaires aux deux comités, ont résisté aux demandes de l'opposition. Mardi, les conservateurs tenteront à nouveau de déposer une motion au comité de la justice pour qu'il reprenne l'étude de cette affaire.

L'avenir des deux ex-ministres

Pendant que l'opposition s'évertue à s'assurer que SNC-Lavalin continue de faire les manchettes, des collègues de Mme Wilson-Raybould et de Jane Philpott se demandent si les deux élues ont encore leur place au sein du caucus libéral. Leur sort pourrait être scellé à la prochaine réunion du caucus, mercredi matin.

L'opposition s'est déjà préparée pour cette éventualité.

"Si Justin Trudeau expulse ces dénonciatrices courageuses, ça va être une preuve d'un camouflage et ça va montrer un gouvernement corrompu", a averti le député Poilievre.

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