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01/04/2019 16:59 EDT | Actualisé 02/04/2019 07:21 EDT

Le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète

Et ce réchauffement est «irréversible», selon un rapport scientifique qui vient d'être dévoilé.

AP/David Goldman

OTTAWA — Le Canada se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète et ce réchauffement est "irréversible", prévient un rapport scientifique d'Environnement et Changement climatique Canada.

Le réchauffement se produit encore plus rapidement en hiver, ce qui se traduit par davantage de pluie en hiver dans le sud du pays et par moins de glace marine et une fonte du pergélisol dans le nord.

L'Arctique est frappé de plein fouet. On calcule qu'il se réchauffe trois fois plus rapidement que le reste du monde, ce qui veut dire que la plupart des régions marines du Nord canadien pourraient ne plus avoir de glace au moins un mois par année d'ici le milieu du siècle.

Établi à partir des travaux de 43 scientifiques fédéraux et universitaires qui ont analysé les publications scientifiques au cours des deux dernières années, le rapport présente des résultats alarmants, a affirmé Elizabeth Bush, conseillère en climatologie à Environnement Canada.

"Nous constatons déjà les effets du réchauffement généralisé au Canada", a dit Mme Bush. "Il est clair que la science soutient le fait qu'il est impératif de s'adapter au changement climatique. Des mesures urgentes sont nécessaires pour réduire les émissions."

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Le rapport indique que la température moyenne au Canada a augmenté de 1,7 degré Celsius par rapport à il y a 70 ans, tandis que la température mondiale moyenne a augmenté de 0,8 degré Celsius.

Les hivers plus chauds signifient également que certaines espèces qui ne peuvent pas survivre à nos hivers vont commencer à le faire, amenant des parasites et des maladies au Canada que nous n'avons pas l'habitude de voir.

Le rapport indique clairement que les impacts climatiques que nous constatons déjà vont rester avec nous pendant "des siècles, voire des millénaires", même si nous réduisons les émissions à un niveau jugé nécessaire pour ralentir le réchauffement à un rythme plus raisonnable.

Selon Mme Bush, il y a tout de même deux portraits bien différents pour le Canada dépendant si le monde fait des progrès importants dans la réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre proche de zéro d'ici 2050.

Le rapport montre que si le monde parvient à cet objectif, l'augmentation moyenne de température au Canada sera de moins de 3 degrés Celsius d'ici la fin du siècle, même dans les régions les plus touchées du pays.

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Mais si le monde continue d'émettre au même niveau, la plupart des régions du Canada connaîtront des augmentations de 7 à 9 degrés Celsius, les régions les plus éloignées de l'Arctique expérimentant des changements de température supérieurs à 11 degrés Celsius.

"Nous en sommes en quelque sorte à la croisée des chemins", a déclaré Chris Derksen, chercheur à Environnement Canada et spécialiste de la couverture glaciaire.

Dans le pire des scénarios, le Canada verra dix fois plus de vagues de chaleur mortelles et deux fois plus de tempêtes extrêmes, indique le rapport.

Ce rapport, le premier à s'intéresser spécifiquement au Canada, est publié la semaine même où le gouvernement libéral déploie la pierre d'assise de son programme climatique: la taxe sur le carbone.

La ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, assure que l'époque où on polluait librement au Canada est révolue, dépeignant les détracteurs de la taxe sur le carbone comme étant des négateurs des changements climatiques et des sceptiques.