POLITIQUE
27/03/2019 16:24 EDT | Actualisé 27/03/2019 16:31 EDT

La CAQ veut imposer son dirigeant à l'UPAC, selon l'opposition

Le PQ a monté au front contre les modifications proposées au projet de loi 1.

PC/Jacques Boissinot

QUÉBEC — Le gouvernement Legault veut imposer son dirigeant au sommet de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), craint l'opposition.

Le Parti québécois a réagi ainsi, mercredi, aux modifications proposées au projet de loi 1, portant sur les nominations à la direction de l'UPAC, de la Sûreté du Québec (SQ) et au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), avec l'appui des deux tiers de l'Assemblée nationale.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a en effet retiré du projet de loi à l'étude l'obligation de publier un nouvel appel de candidatures au poste de commissaire de l'UPAC lorsque moins de trois candidatures ont été reçues.

Or ce projet de loi faisait précisément suite à une critique constante de la CAQ qui, quand elle formait la deuxième opposition, reprochait au gouvernement libéral de choisir lui-même le grand patron de l'UPAC.

En mêlée de presse mercredi matin à l'Assemblée nationale, la ministre a fait savoir qu'il n'y avait «pas forcément toujours trois bons candidats», selon ce qu'ont laissé entendre des comités de sélection.

À lire aussi sur le HuffPost Québec:

«Nous sommes d'avis que d'avoir les meilleurs candidats possible n'est pas lié à la prescription d'un nombre trop précis de candidatures, a-t-elle plaidé. Ce qu'on souhaite, c'est qu'il y en ait le plus possible.»

La ministre n'a pas écarté la possibilité que son gouvernement ne propose qu'un seul choix aux parlementaires.

En point de presse, le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, a dit que la ministre envoie ainsi un «drôle de signal». À ses côtés, sa collègue, la députée de Duplessis, Lorraine Richard, a déclaré qu'il ne manque pas de personnes compétentes au Québec pour prendre la direction de ces organisations.

«Est-ce que la ministre a déjà fait un choix et a quelqu'un en tête?» a demandé M. Bérubé. Un minimum de trois candidats permet aux partis de comparer la qualité des candidatures et mesurer la collaboration du gouvernement avec l'opposition, a-t-il argué.