POLITIQUE
26/03/2019 12:34 EDT | Actualisé 26/03/2019 16:30 EDT

L'opposition tente de raviver l'affaire SNC-Lavalin au comité de l'éthique

Un scandale qui ne veut pas mourir pour les libéraux.

JULIEN BESSET via Getty Images

OTTAWA — Une fois de plus l'opposition à Ottawa a remis son métier sur l'ouvrage. Mais en vain.

Mardi après-midi, c'est au comité de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique que conservateurs et néo-démocrates tentaient de maintenir en vie l'affaire SNC-Lavalin.

Ils ont livré leurs arguments au comité, puis les députés libéraux, majoritaires, ont rejeté toutes leurs demandes.

L'opposition cherchait à convoquer les deux ex-ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott devant ce comité avant le 5 avril. Elle réclamait, encore, que Justin Trudeau lève toute restriction liée au secret du cabinet afin que l'ex-ministre de la Justice puisse aussi parler de la courte période où elle était devenue ministre des Anciens Combattants.

Celui que les partis d'opposition voyaient comme un possible allié, le libéral Nathaniel Erskine-Smith, n'a pas voulu les suivre jusque-là. Selon le député libéral, il faut attendre que le comité de la justice complète son travail d'abord. Ce comité devrait avoir en main, cette semaine, des courriels et des informations supplémentaires fournies par Mme Wilson-Raybould.

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La démarche de l'opposition est donc "prématurée", de l'avis de M. Erskine-Smith, qui s'est dit prêt à réclamer éventuellement la levée du secret du cabinet pour les deux ex-ministres mais veut d'abord voir aboutir le travail du comité de la justice.

"Il n'y aura aucune étude de cette lettre (attendue par le comité de la justice)", l'a contredit la néo-démocrate Tracey Ramsey, à la sortie de la réunion du comité de l'éthique. Selon elle, le comité de la justice a fini d'examiner l'affaire SNC-Lavalin et n'y reviendra pas.

Les néo-démocrates ont réclamé, une fois de plus, une enquête publique sur tout ça. Les conservateurs, eux, ont promis de reprendre leurs manoeuvres aux Communes. La semaine dernière, ils ont chahuté la lecture du budget et forcé un vote de plus de 30 heures.

"On a déjà montré notre capacité de déployer nos outils parlementaires et nous allons le faire encore", a menacé Pierre Poilievre.

L'opposition, donc, n'entend pas en rester là.

"De prendre la décision de crever un abcès, c'est sûr (que) sur le coup ça fait mal, ça ne sent pas bon, mais à un moment donné, il y a des choses qu'on doit faire pour guérir", a lancé le conservateur Jacques Gourde.

Conflit autour d'un juge

Lundi, on apprenait que Mme Wilson-Raybould avait eu un autre conflit avec le premier ministre; en 2017, celui-là. Elle avait alors, selon les sources de La Presse canadienne, cherché à nommer un juge manitobain pour remplacer la juge en chef de la Cour suprême du Canada.

Le juge Glenn Joyal, choisi par la ministre, aurait été directement nommé juge en chef, ce qui aurait été plutôt exceptionnel. Et puis, la tradition veut qu'il y ait alternance à ce poste d'un juge du Canada anglais et d'un juge du Québec, pour refléter la nature du droit canadien où on retrouve le Code civil et la Common Law.

Le juge Joyal aurait également fait sourciller au bureau du premier ministre à cause de ses prises de position sur la Charte des droits et libertés.

C'est le Québécois Richard Wagner, juge à la Cour suprême depuis 2012, qui a finalement obtenu le poste de juge en chef en décembre 2017.

Invité à commenter cette nouvelle information, le premier ministre n'a pas été très loquace.

"Le choix de juges à la Cour suprême et de juge en chef de la Cour suprême, c'est toujours au premier ministre de faire ce choix-là. Et les Canadiens peuvent savoir que nous sommes un gouvernement qui va toujours respecter nos institutions, toujours respecter l'indépendance de la Cour suprême. Et c'est pour ça que je n'aurai pas plus de commentaires à faire là-dessus", a-t-il répondu lors d'un point de presse à Winnipeg, mardi matin.

Puis, il a refusé de dire si l'information obtenue par La Presse canadienne émanait de son bureau, répétant que son gouvernement respecte les institutions ainsi que la Cour suprême et qu'il ne ferait aucun autre commentaire.