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02/04/2019 20:46 EDT | Actualisé 03/04/2019 08:26 EDT

«Pendant deux ans, mon frère, ma soeur et moi on a vécu dans la maison familiale, sans tuteur»

Marcelle Partouche, 27 ans.

C'est l'histoire de trois frères et soeurs qui prennent soin l'un de l'autre, sans adulte, après le décès de leur mère. C'est l'histoire d'un travailleur social qui ferme les yeux sur cette situation pour permettre à trois enfants de rester ensemble, après un drame.

La DPJ a 40 ans: voici mon histoire

La Direction de la protection de la jeunesse a soufflé ses 40 bougies cette année. Mais comment fonctionne cette entité qui s'occupe de dizaines de milliers d'enfants chaque année au Québec? Comment se remet-on d'un abandon? Comment se passe la vie en centre jeunesse? Le HuffPost Québec a rencontré quatre anciens enfants de la DPJ et vous propose quatre entretiens intimistes dans la série La DPJ a 40 ans: voici mon histoire.

Aujourd'hui âgée de 27 ans, Marcelle Partouche est reconnaissante envers ce travailleur social qui a enfreint des règles, mais elle considère aussi que cette situation lui a fait vivre de la détresse, alors qu'elle a dû vivre clandestinement, sans le sou, pendant une partie de son enfance. Elle avait 11 ans quand sa mère est décédée, des suites d'une longue maladie. Sa maman avait pris des arrangements pour que Marcelle, son frère et sa soeur puissent rester dans la maison familiale sans avoir à payer de loyer.

Elle a ensuite frayé avec «le système», lorsque son frère n'en pouvait plus de devoir subvenir aux besoins de ses deux soeurs. Elle a été placée dans une famille d'accueil jusqu'à ses 18 ans. Et comme elle réussissait bien, et qu'elle n'avait pas de troubles de comportement, elle a l'impression d'avoir été oubliée. Alors qu'elle aurait eu besoin de soutien, d'aide, de quelqu'un à qui parler, avec tout ce qu'elle vivait.

Son parcours a certainement forgé la jeune femme qu'elle est devenue. Marcelle étudie présentement à l'université McGill, où elle fait sa maîtrise et son doctorat dans le domaine de l'éducation. Elle étudie l'impact de la musique et du hip hop sur le bien-être, et comment cela peut être un outil thérapeutique pour les jeunes. Elle travaille dans un organisme oeuvrant auprès des jeunes dits «à risque», une expression qu'elle n'aime pas particulièrement.

Évidemment, son expérience de vie l'aide à communiquer avec ces jeunes vulnérables, en qui elle se reconnaît. Et souvent, au premier regard, elle sait lesquels sont passés par la DPJ.

«Passer par le système, c'est l'équivalent d'une catastrophe naturelle, mais sociale. Tu le sais, tu le sens, tu peux y être passé pendant quelques semaines, ou tout ton vécu... ça laisse des traces. Tu peux sentir ça.»

Voyez le témoignage de Marcelle dans la vidéo au haut de l'article.

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