POLITIQUE
25/03/2019 16:51 EDT | Actualisé 26/03/2019 11:04 EDT

Une femme qui a aidé Edward Snowden arrive au Canada comme réfugiée

Vanessa Rodel et sa fille Keana s'établiront à Montréal.

Une femme qui a aidé le lanceur d'alerte Edward Snowden lorsqu'il a fui vers Hong Kong est arrivée au Canada avec sa fille, lundi soir, après avoir obtenu le statut de réfugié.

Vanessa Rodel et sa fille de sept ans, Keana, sont atterries à Toronto en début de soirée, après l'acceptation de leur demande de statut de réfugié déposée en 2016. Mme Rodel et sa fille doivent se rendre mardi à Montréal, où elles devraient arriver en après-midi.

Vanessa Rodel dit avoir éprouvé un grand soulagement dès que son avion a décollé.

"Je me sens tellement bien, je me sens comme si j'étais libre", a-t-elle confié à l'Aéroport international Lester-B. Pearson de Toronto.

Son avocat, Robert Tibbo, a affirmé que l'arrivée de Mme Rodel est "une première victoire" dans cette saga qui remonte à 2013.

Mme Rodel faisait partie d'un groupe qui a été surnommé "les anges gardiens de Snowden". Ils ont aidé l'ancien analyste de la CIA à la demande de Me Tibbo en 2013, lorsque M. Snowden a fui vers Hong Kong après avoir divulgué des informations secrètes concernant la National Security Administration des États-Unis.

Ils étaient à ce moment représentés par Me Tibbo à Hong Kong, pendant qu'ils demandaient l'asile politique. Selon l'avocat, leur demande a été rejetée par Hong Kong.

Un groupe à but non lucratif appelé "For the Refugees" a présenté des demandes pour parrainer les sept personnes et les faire venir au Canada en tant que réfugiés, et il récolte des fonds pour couvrir leurs frais de subsistance à Hong Kong. Le groupe demande au Canada d'accepter les demandes des cinq autres personnes - trois adultes et deux enfants.

Mme Rodel était triste du sort de ces cinq autres personnes.

"Ils sont encore pris pendant plusieurs années à Hong Kong. Ils ont tant de problèmes dans leurs vies... J'espère qu'ils pourront venir au Canada pour avoir une meilleure vie", a-t-elle soutenu.

Le travail n'est "pas fini"

Me Tibbo a exhorté le gouvernement fédéral à intervenir pour accueillir ces réfugiés.

"Nous sommes inquiets des familles laissées derrière et nous aimerions voir M. Trudeau et son gouvernement prendre les mesures nécessaires pour traiter les dossiers maintenant", a-t-il déclaré.

Dans une entrevue de Radio-Canada diffusée lundi soir, Edward Snowden s'est dit reconnaissant envers le Canada, qui est intervenu malgré sa relation avec les États-Unis, a-t-il souligné.

"Il s'agit de circonstances dans lesquelles le Canada peut faire quelque chose de bien pas seulement pour ces familles, mais pour les États-Unis et pour tout le monde qui croit aux droits de la personne", a-t-il déclaré en entrevue avec l'animatrice Anne-Marie Dussault.

Dans un message partagé en français sur Twitter, M. Snowden a toutefois souligné que "le travail n'est pas fini".

"Avec la solidarité et la compassion, le Canada peut tous les sauver", a-t-il écrit.

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a déclaré aux journalistes lundi qu'elle ne pouvait commenter les demandes d'asile parrainées à titre privé.

En point de presse à Montréal, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Jagmeet Singh a affirmé que si toutes les lois avaient été suivies dans ce dossier, son parti n'avait aucun problème avec le fait d'accueillir ces gens.

"Il ne faut pas avoir peur d'un autre pays comme les États-Unis, il faut suivre nos lois", a-t-il indiqué.