POLITIQUE
22/03/2019 15:43 EDT | Actualisé 22/03/2019 15:43 EDT

SNC-Lavalin: Jody Wilson-Raybould fournira des textos et courriels

«J'ai aussi en ma possession des éléments pertinents de faits et de preuves qui clarifient certaines de mes déclarations.»

OTTAWA — L'ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould partagera des courriels, des textos ainsi que «des éléments pertinents de faits et de preuves» en lien avec l'affaire SNC-Lavalin.

Elle l'a confirmé dans une lettre datée du 21 mars qu'elle a fait parvenir au président du comité permanent de la justice et des droits de la personne, Anthony Housefather.

«Lors de mon témoignage, on m'a demandé de fournir des renseignements supplémentaires. En particulier, on m'a demandé de produire les messages textes et courriels auxquels j'ai fait allusion dans mon témoignage du 27 février 2019», peut-on y lire.

«Après délibération, j'ai décidé de produire les messages textes et courriels en question», ajoute l'ex-procureure générale, disant déduire de la décision prise mardi dernier par le comité de boucler l'enquête qu'elle ne serait pas convoquée de nouveau.

Et ce n'est pas tout.

«À ce même sujet, j'ai aussi en ma possession des éléments pertinents de faits et de preuves qui clarifient certaines de mes déclarations et permettent d'élucider l'exactitude et la nature de déclarations faites par des témoins qui ont comparu après moi», signale-t-elle.

Les personnes qui ont témoigné après elle sont Gerald Butts, ex-secrétaire principal du premier ministre, Michael Wernick, ex-greffier du Conseil privé, et Nathalie Drouin, sous-ministre à la Justice.

Tous ont offert des versions des faits qui ont remis en doute un certain nombre des éléments du témoignage de Jody Wilson-Raybould. Rappelons que l'affaire SNC-Lavalin a fait rouler les têtes des deux premiers.

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L'ex-ministre Wilson-Raybould ne précise pas, dans sa missive, quand les textos, courriels et autres documents seront fournis au comité.

Dans un échange de courriels avec La Presse canadienne, vendredi, Anthony Housefather a aussi dit l'ignorer. Le tout sera vraisemblablement rendu public, la pratique du comité étant «que les soumissions sont publiques», a spécifié le député libéral.

La lettre de Jody Wilson-Raybould a fait surface au lendemain de la publication d'une entrevue explosive de l'ex-présidente du Conseil du trésor, Jane Philpott, qui a elle aussi démissionné du cabinet dans la foulée de cette histoire.

Dans un entretien accordé au magazine Maclean's, elle a prévenu qu'il restait bien des choses à dire sur cette affaire dans laquelle est empêtré le gouvernement de Justin Trudeau depuis maintenant un mois et demi.

La Chambre comme tribune?

Chez les libéraux, on est de plus en plus nombreux à se dire en accord avec l'idée que les deux ministres démissionnaires s'expriment à la Chambre des communes, où elles jouissent du privilège parlementaire.

«Je suis avocate et je comprends qu'il n'y (aurait) pas de problème à le faire dans la Chambre», a argué en point de presse la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, en manifestant une certaine impatience.

«S'il y a quelque chose d'autre à dire, c'est bon, (...) mais ça devrait être fait vite parce qu'on a besoin de continuer le travail que nous faisons», a-t-elle soutenu alors qu'elle s'était présentée au micro pour parler du budget déposé plus tôt cette semaine.

Il faut dire que cela fait des semaines que l'histoire monopolise presque toute l'attention sur la colline à Ottawa. Le dépôt du budget, mardi, a été complètement occulté par l'affaire SNC-Lavalin — beaucoup en raison des efforts déployés par les conservateurs pour la garder en vie.

Chez ces mêmes conservateurs, on ne serait toujours pas satisfait si Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott prenaient la parole en Chambre. Ce serait «un écran de fumée» et on n'irait pas «au fond des choses» comme on pourrait le faire en comité, a dit le député Pierre Paul-Hus.