POLITIQUE
20/03/2019 18:00 EDT | Actualisé 20/03/2019 18:01 EDT

Crucifix: les évêques du Québec acceptent le retrait

Le clergé souligne que les élus ont pris la décision de l'installer et peuvent très bien le descendre.

diego_cervo via Getty Images

Le tollé soulevé par le retrait du crucifix de la salle du conseil municipal, à Montréal, n'émeut pas les évêques du Québec. Dans un communiqué émis mercredi, l'Assemblée des évêques catholiques du Québec dit respecter la décision de l'administration Plante.

«Ce sont les membres du conseil de ville qui en 1937 avaient décidé d'accrocher le crucifix dans la salle du conseil en guise de rappel du serment qu'ils avaient prononcé au début de leur mandat. Il revient aux élus d'aujourd'hui de décider ce qu'ils en feront. L'Assemblée respecte donc leur décision», lit-on dans le communiqué.

Le crucifix, installé en 1937, sera retiré dans deux mois avec le début des travaux de rénovation à l'hôtel de ville. Il ne sera pas réinstallé lorsque les élus reprendront leur place au 275, rue Notre-Dame Est. Il se trouvera plutôt dans un nouvel espace muséal.

«L'Assemblée se réjouit de l'annonce que ce crucifix sera déposé dans un espace muséal destiné au patrimoine historique et culturel municipal. Les évêques saluent le respect avec lequel ce crucifix sera ainsi traité. Dans cet espace de mémoire, il contribuera alors à garder vivante notre histoire commune«, affirment les évêques.

Olivier Robichaud
Le crucifix de la salle du conseil municipal, à Montréal, trône au-dessus des élus. Il sera bientôt retiré par l'administration Plante.

Irresponsable, clame l'opposition

Lionel Perez, qui est juif et est le seul élu montréalais portant un symbole religieux visible, a une tout autre vision de la situation. Il estime qu'il est «irresponsable» de retirer le crucifix sans d'abord consulter la population.

«Est-ce qu'on peut se donner un peu de temps pour sonder la population? On s'apprête à réaliser une consultation sur les publisacs. Est-ce qu'on peut en réaliser une sur le crucifix, un symbole important du peuple fondateur de Montréal?», affirme le chef de l'opposition officielle.

M. Perez a récemment étalé sa vision de la neutralité de l'État dans un blogue du HuffPost Québec.

L'affaire a eu des échos jusqu'à Québec. Mercredi, le premier ministre François Legault a ouvert la porte à un «compromis» au sujet du retrait du crucifix qui trône au-dessus du siège du président de l'Assemblée nationale.

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