POLITIQUE
20/03/2019 14:28 EDT | Actualisé 20/03/2019 16:59 EDT

Celina Caesar-Chavannes claque la porte du caucus libéral

Elle siégera dorénavant comme indépendante.

Photo d'archives de Celina Caesar-Chavannes.
Justin Tang/La Presse canadienne
Photo d'archives de Celina Caesar-Chavannes.

OTTAWA - Une autre libérale quitte le navire. La députée Celina Caesar-Chavannes, qui avait critiqué ouvertement le premier ministre Justin Trudeau lors d'une entrevue avec le "Globe and Mail", a quitté le caucus libéral et siégera maintenant comme indépendante.

"Je viens d'être informé par mon bureau que Celina Caesar-Chavannes a décidé de siéger comme indépendante. Je veux la remercier pour ses services pour le Parti libéral et pour ses commettants et je lui souhaite le meilleur", a déclaré mercredi le premier ministre Trudeau, avant de s'engouffrer dans la Chambre des communes.

La députée a brièvement expliqué sa décision sur Twitter, mercredi après-midi.

"L'entrevue que j'ai donnée la semaine dernière au "Globe and Mail" a eu des effets non désirés sur des gens importants pour moi. Bien que ce n'était pas mon intention, cela a été une conséquence, et j'en suis désolée", a-t-elle écrit.

"Je ne veux plus être une distraction face au bon travail que mes collègues du caucus font", a-t-elle ajouté.

La députée ontarienne de Whitby avait déjà annoncé son intention de ne pas solliciter un deuxième mandat, et dernièrement, lors de la fameuse entrevue avec le "Globe and Mail", elle avait reproché au premier ministre Trudeau de ne pas être à l'écoute de ses députés.

Mme Caesar-Chavannes avait aussi témoigné son appui aux deux ministres démissionnaires Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, qui ont quitté leur poste dans la foulée de l'affaire SNC-Lavalin. Mmes Wilson-Raybould et Philpott sont toutefois restées au caucus libéral.

Les conservateurs n'ont pas manqué de souligner ce nouveau départ, mercredi, et ont accusé le premier ministre d'être un "faux féministe".

La leader conservatrice à la chambre, Candice Bergen, a affirmé que "les bons vieux hommes" du bureau du premier ministre avaient décidé de "congédier et faire taire" Jody Wilson Raybould lorsqu'elle a refusé d'intervenir pour éviter que SNC-Lavalin ne subisse un procès criminel.

"Le premier ministre est très bon pour crier sur des femmes, comme la députée de Whitby le sait, et il est aussi très bon acteur. Mais, monsieur le président, c'est un faux féministe", a-t-elle tonné.

M. Trudeau a rétorqué qu'il ne prendrait pas de leçons de féminisme de la part des conservateurs "qui veulent encore remettre en question le droit d'une femme à choisir" d'avoir un avortement.

Accueil "hostile" de Trudeau

Mme Caesar-Chavannes, qui a déjà été secrétaire parlementaire du premier ministre, s'était distanciée de lui dans les dernières semaines.

Au début du mois, lorsque le premier ministre Trudeau avait dit en conférence de presse qu'il était à l'écoute de ses députés, Mme Caesar-Chavannes avait laissé entendre sur Twitter qu'il n'avait pas été réceptif lors de deux rencontres avec elle.

En entrevue avec le "Globe and Mail", elle disait avoir été reçue avec "hostilité" par le premier ministre lorsqu'elle lui avait annoncé qu'elle ne solliciterait pas un deuxième mandat.

Mme Caesar-Chavannes alléguait même que le premier ministre avait crié devant elle. Selon son récit, M. Trudeau se serait excusé, mais il aurait de nouveau été en colère contre elle lors d'une deuxième conversation.

Le bureau du premier ministre avait nié toute réaction hostile, bien qu'il ait reconnu que les discussions avaient été "émotives".

Celina Caesar-Chavannes, qui a été élue pour la première fois en 2015, était une députée d'arrière-ban assez connue, notamment pour sa défense des Canadiens noirs.

Elle avait aussi fait les manchettes en 2016 lorsqu'elle s'était confiée sur son combat contre la dépression. À l'époque, elle avait salué M. Trudeau pour sa compréhension de la maladie.

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