POLITIQUE
19/03/2019 19:34 EDT | Actualisé 19/03/2019 19:35 EDT

Le quatrième budget Morneau trop électoraliste, selon l'opposition

Andrew Scheer s'est contenté de décrire le budget comme une tentative de «camouflage» pour faire oublier l'affaire SNC-Lavalin.

OTTAWA — Budget «électoraliste», «irresponsable», «rien» pour le Québec; l'opposition à Ottawa a très mal reçu le quatrième exercice budgétaire de Bill Morneau.

Les conservateurs ont préféré ne rien dire — ou presque — du contenu du document. Après avoir retardé, puis chahuté, le discours du ministre des Finances, Andrew Scheer s'est contenté de décrire le budget comme une tentative de «camouflage» pour faire oublier l'affaire SNC-Lavalin.

Les quatre autres chefs politiques qui sont sortis alors que le ministre tentait de livrer son discours aux Communes ont, pour leur part, multiplié les critiques.

«C'est de l'achat de vote», de l'avis de Maxime Bernier. «On veut acheter des votes avec l'argent des futurs contribuables. C'est irresponsable. C'est nos enfants et nos petits-enfants qui devront payer pour l'élection de Justin Trudeau dans quelques mois», calcule le chef du Parti populaire du Canada en soulignant les déficits prévus.

La leader du Parti vert, moins tranchante, trouve de bonnes dépenses dans ce budget. Mais voilà, pour y arriver, il faudra d'abord réélire les libéraux, fait-elle remarquer. «Il y a 35 projets de loi qu'on doit adopter» avant que les dépenses promises ne se matérialisent. «C'est un cadeau qu'on ne peut pas ouvrir», dit Elizabeth May en soulignant qu'il reste moins de 10 semaines à ce Parlement.

«Des miettes pour les Canadiens alors que ce gouvernement a donné toute la tarte aux plus riches», accuse le chef néo-démocrate Jagmeet Singh. Même le début de la construction d'un régime d'assurance-médicaments ne trouve pas grâce à ses yeux. «Ce qu'ils ont proposé, c'est vraiment des demi-mesures», selon lui. M. Singh voit dans la proposition libérale un «système comme aux États-Unis qui peut-être va aider quelques-uns mais pas toute la population».

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De son côté, le chef bloquiste a cherché en vain une réponse à l'une des nombreuses demandes de Québec. Augmentation des transferts en santé, 300 millions $ pour les dépenses occasionnées par le passage de migrants au Chemin Roxham, un contrat pour le chantier maritime Davie, le tramway de Québec; à tout ça, le budget ne répond «rien».

«Pourquoi est-ce que le gouvernement fédéral manque à ce point-là de considération et de respect pour l'Assemblée nationale du Québec, pour le gouvernement du Québec qui a présenté des demandes dont (...) pas une n'a été rencontrée dans le budget fédéral?», demande Yves-François Blanchet.

Puis, il suppose que Justin Trudeau aura voulu se garder des annonces à faire en campagne électorale; ce qu'il dénonce, en citant le dossier des migrants.

«Ces chiffres-là auraient dû être dans le budget. On ne peut pas ne pas mettre 300 millions $ pour l'accueil et l'intégration au Québec des réfugiés puis dire en campagne électorale qu'on vient d'inventer 300 millions $ qui n'étaient pas dans le budget», lance-t-il.

Il aura fallu insister auprès du chef conservateur pour lui arracher une seule critique sur le contenu du budget. Elle a visé, bien sûr, le déficit. «Nous sommes toujours contre les grands déficits hors de contrôle», a offert M. Scheer avant de répéter que tout ce qu'il fallait retenir de ce budget, c'est qu'il est un «camouflage de 41 milliards $».