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19/03/2019 15:11 EDT | Actualisé 19/03/2019 15:11 EDT

Peut-on éviter les glissements de terrain?

Des études se pencheront notamment sur l'impact des changements climatiques.

Un glissement de terrain à Saint-Jude (11 mai 2010)
Graham Hughes/PC
Un glissement de terrain à Saint-Jude (11 mai 2010)

Pour éviter des glissements de terrain qui emportent des maisons et des routes sur leur passage au Québec, à un moment où l'impact des changements climatiques est redouté, l'Université Laval va entreprendre plusieurs études sur ce phénomène.

En 2010, à Saint-Jude en Montérégie, un glissement de terrain a englouti une maison et ses quatre habitants, un couple et ses deux enfants, qui y ont péri. En 1971, 31 personnes sont mortes dans la grande coulée de Saint-Jean-Vianney, au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Pour que de pareilles tragédies ne se reproduisent pas, le ministère des Transports du Québec et le ministère de la Sécurité publique s'allient au Laboratoire d'études sur les risques naturels (LERN) de l'Université Laval pour étudier divers aspects des glissements de terrain. L'argent pour les recherches provient du Fonds vert du gouvernement québécois.

Plus fréquents?

Selon le ministère des Transports, l'année 2017 a vu un nombre record de glissements de terrain au Québec.

La hausse de la fréquence et de l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes, découlant des changements climatiques, est montrée du doigt. Il est craint que les précipitations plus importantes ne causent de plus nombreux, ou de plus importants, glissements de terrain.

Ainsi, le gouvernement québécois dit vouloir agir en amont pour éviter les sinistres.

L'objectif est d'améliorer les connaissances sur les glissements de terrain et l'implication des changements climatiques dans leur déclenchement afin de mieux planifier l'utilisation du territoire dans les zones vulnérables, a indiqué la professeure Ariane Locat, du Département de génie civil et de génie des eaux, très impliquée dans cette collaboration.

Les glissements de terrain surviennent lorsque les sols en argile deviennent gonflés d'eau, ce qui les liquéfie et les rend instables, explique-t-elle.

Les événements climatiques à fortes précipitations peuvent ainsi avoir un impact sur la solidité des sols, entraîner de tels glissements et des coulées de boue qui causent de nombreux dommages.

Les plaines de la vallée du Saint-Laurent sont constituées de terres argileuses. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, plus au nord, repose aussi sur un tel sol, précise la professeure. Mais ils ne sont pas tous vulnérables, ajoute-t-elle, d'où l'importance des travaux de recherche qui tenteront de cartographier les zones à risque, ainsi que celles pouvant être touchées par les coulées de boue.

L'un des projets de recherche vise aussi à installer des stations de captation de données afin de documenter et de comprendre les répercussions des changements climatiques sur la stabilité des talus situés dans des dépôts d'argiles sensibles du Québec. Cela permettra de développer des critères de surveillance, a précisé la professeure Locat.