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16/03/2019 10:15 EDT | Actualisé 16/03/2019 11:23 EDT

La saison des nids-de-poule n'attend pas le printemps pour se manifester

Les multiples périodes de gel et dégel survenues cet hiver ont contribué à accentuer le phénomène sur le réseau routier.

PC/Ryan Remiorz

MONTRÉAL — La saison des nids-de-poule n'attend pas l'arrivée officielle du printemps la semaine prochaine pour se manifester.

En effet, le CAA-Québec constate que celle-ci est déjà bien amorcée, particulièrement dans les centres urbains comme à Montréal où le volume de la circulation est plus grand.

Sa porte-parole Annie Gauthier explique que les multiples périodes de gel et dégel cet hiver ont contribué à accentuer le phénomène sur le réseau routier.

Ce n'est pas facile non plus pour les automobilistes de se faire indemniser pour les bris que cela occasionne aux pneus, aux roues ou à la suspension de leur véhicule.

"On n'obtient que très rarement réparation", reconnaît Mme Gauthier, qui ajoute que lorsque c'est le cas, bien souvent le montant reçu ne couvre même pas l'ensemble des frais pour les réparations et les inconvénients subis.

Les municipalités protégées par la loi

Depuis 1992, la Loi sur les cités et villes exonère les municipalités de toute responsabilité pour les dommages aux pneus et

à la suspension d'un véhicule en raison du mauvais état de la chaussée. Pour obtenir un dédommagement, les citoyens concernés doivent démontrer qu'il y a eu négligence, preuves à l'appui.

À Montréal, le chef de l'Opposition Lionel Perez dit que les élus de son parti ont reçu tellement de plaintes de citoyens cet hiver qu'ils ont décidé de lancer un débat afin que la métropole prenne ses responsabilités et soit imputable de l'entretien de ses routes.

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Ensemble Montréal a déposé une résolution à l'hôtel de ville la semaine dernière pour exiger que la Ville demande au gouvernement du Québec de modifier la loi, pour retirer cette exemption. La résolution sera débattue lors du prochain conseil municipal le 25 mars.

Cette mesure coûterait environ 750 000$ par année, selon M. Perez qui soutient avoir obtenu ce chiffre du cabinet de la mairesse Valérie Plante.

En entrevue à La Presse canadienne, il a reconnu que c'est beaucoup d'argent, tout en soulignant que c'est peu sur un budget annuel de 5,5 milliards $. De toute façon, l'objectif ultime est de forcer la ville à mieux entretenir ses rues et d'être imputable face à ces concitoyens.

"Parfois, il faut des mesures draconiennes ou un peu de pression pour forcer les choses, affirme-t-il. Cette résolution, si elle est adoptée, elle va envoyer un message très fort au gouvernement du Québec parce que ça vient de la métropole."

M. Perez ne comprend pas d'ailleurs pourquoi le Québec est la seule province où ce genre d'exception existe dans la loi.

"L'Ontario, la Colombie-Britannique et l'Alberta n'en ont pas. Pourquoi a-t-on besoin de ce genre d'exemption au Québec alors que les autres provinces n'en ont pas besoin?"

La vigilance de mise

De son côté, la porte-parole du CAA-Québec rappelle aux conducteurs d'être vigilants, même si l'hiver tire à sa fin, et de conduire de façon à anticiper ce qui s'en vient devant nous, notamment en ralentissant et en se laissant plus d'espace par rapport aux autres véhicules.

Si plusieurs peuvent être tentés de freiner brusquement ou de zigzaguer à la vue d'un nid-de-poule, ce n'est pas du tout la bonne approche à adopter pour éviter d'endommager sa voiture, note Annie Gauthier. Elle explique que lorsqu'on ne peut éviter un nid-de-poule mieux vaut de "lâcher l'accélérateur, de ne pas toucher aux freins et de poursuivre son chemin en tenant le volant bien fermement".

Palmarès des pires routes

Malgré tous ces bons conseils, le CAA-Québec va tout de même lancer en avril sa cinquième campagne annuelle pour recenser les dix pires routes du Québec ce printemps. L'exercice tire ses conclusions des votes obtenus de la part des citoyens, en ligne, durant quatre semaines.

"Chaque année, on a une recrudescence de participation et de signalements, souligne Mme Gauthier qui invite les gens à joindre une photo à leur vote.

Si l'exercice n'a rien de scientifique, cela n'empêche pas le CAA-Québec d'interpeller par la suite le gouvernement et les municipalités concernées pour les inciter à effectuer les réparations nécessaires.

"On a vu des résultats. Aucune municipalité ou aucun gouvernement ne veut se retrouver sur ce palmarès. C'est toujours un peu gênant et dans la grande majorité des cas, des sommes sont octroyées pour effectuer des travaux temporaires ou permanents pour améliorer la situation".