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15/03/2019 15:50 EDT | Actualisé 15/03/2019 15:50 EDT

Une première américaine pour Hubert Lenoir

À 48 heures des Junos, l'artiste de 24 ans ne semble pas trop nerveux.

Mick Côté/La Presse canadienne
Hubert Lenoir s'est offert une première américaine à South by Southwest (SXSW), à Austin, au Texas, véritable Mecque de la musique émergente.

AUSTIN, Texas — Après avoir accumulé les succès populaires et les prix au Québec et à moins de 48 heures des Junos, où il est en lice pour trois prix, Hubert Lenoir s'est offert une première américaine à South by Southwest (SXSW), à Austin, au Texas, véritable Mecque de la musique émergente.

Même si certains artistes pourraient être nerveux à l'idée de se mettre en danger ailleurs que chez soi, Hubert Lenoir, lui, ne s'en fait pas trop.

Fraîchement débarqué du Japon où il a présenté son opéra post-moderne, l'artiste de 24 ans, qui fait tourner les têtes au Québec en raison de sa fougue et de sa créativité, était de passage cette semaine pour deux spectacles à Austin, où des dizaines d'artistes en quête de rayonnement convergent vers cet important festival.

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Bien que le marché américain ne lui fasse pas peur, il concède qu'un album comme « Darlène », une œuvre majoritairement francophone, pourrait avoir des difficultés à rejoindre l'auditoire de notre voisin du sud.

«Certaines personnes n'écouteraient pas un film sous-titré», confie-t-il en entrevue à La Presse canadienne, dans le lobby du Quality Inn & Suites à quelques kilomètres du centre-ville coloré d'Austin.

«Je vais toujours être un Québécois, mais j'ai aussi une grosse interrogation récemment sur à quel point la langue définit ton identité. Je pense que la langue, c'est la langue.»

Il dit souhaiter communiquer avec son auditoire en transcendant les limites, affirmant vouloir plutôt créer un dialogue.

Percée en Europe

Mais Hubert Lenoir, qui commence à faire sa marque en Europe voit ce premier pas sur la scène musicale américaine avec philosophie.

« Dans le cas de la France, il y a vraiment quelque chose qui se passe. Je ne fais pas de showcase en Europe, dit-il. Aux États-Unis, je sais qu'à New York, il y a des gens qui aimeraient me voir pour de vrai. Autre que ça, je ne suis pas tant dans la "vibe" d'être full industrie-orienté. »

Cette «vibe», comme dit Lenoir, c'est ce désir de se vendre.

Son étoile monte rapidement en Europe. «Tous les labels en France veulent signer le projet», assure-t-il.

Mais même s'il prétend ne pas nécessairement avoir pris les démarches pour lancer sa carrière de l'autre côté de l'Atlantique, sa personnalité, voire son individualité, semble être un carburant suffisant pour faire démarrer la machine.

Je ne prétends pas, disons, être edgy. Il y a plein de monde edgy dans la vie. La différence, c'est que je l'ai fait dans un niveau plus mainstream.Hubert Lenoir

«J'ai comme une fierté de faire ça à un niveau qui est mainstream. Je sais que les gens m'ont souvent dit que c'était impossible de le faire, pis de voir que ça fonctionne (me rend fier).»

Il a de quoi être fier. Son premier album, «Darlène», a obtenu trois Félix au gala de l'ADISQ, il a été finaliste pour le prix Polaris et est en nomination pour trois prix Junos.

En plus de la catégorie du meilleur album francophone de l'année, «Darlène» se retrouve aussi en lice pour les prix de meilleur album pop de l'année et, surtout, pour le très convoité prix de meilleur album de l'année au Canada.

Le gala de l'industrie musicale canadienne a lieu le ce dimanche à London, en Ontario.

Mais même si la table est mise pour une carrière qui résonne au Canada, Lenoir lui-même ne s'efforce pas nécessairement d'aller cogner aux portes des maisons de disques. «J'ai un peu la philosophie : je fais mes affaires pis si tu veux me parler, tu sais où me trouver. »

Une première américaine

Lenoir s'est présenté pour la première fois devant un public américain pendant un spectacle d'environ 45 minutes jeudi.

Devant l'auditoire majoritairement anglophone — bien que parsemé de quelques francophones visiblement excités — Lenoir et ses musiciens enchaînent les chansons — «Fille de personne II», «Ton hôtel», mais aussi de nouveaux extraits en français et en anglais.

Il se déhanche, gambade d'un bout à l'autre de la scène, grimpe sur les haut-parleurs, se lance torse nu dans la foule et incite les spectateurs à sauter.

Il demeure trop tôt pour dire si ce concert lui vaudra de nouvelles relations aux États-Unis, mais les applaudissements sont sans aucun doute la preuve de quelque chose : Lenoir a su dialoguer avec un nouveau public.

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