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15/03/2019 11:41 EDT | Actualisé 15/03/2019 17:07 EDT

Des dizaines de milliers d'étudiants québécois manifestent pour le climat

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du Québec.

Plus de 150 000 étudiants québécois sont en grève vendredi et des dizaines de milliers d'entre eux sont descendus dans les rues pour demander aux gouvernements d'agir pour le climat. Des élèves montréalais ont même forcé la suspension de leurs cours, en formant des chaînes humaines autour de leurs écoles secondaires.

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du Québec, dont Montréal, Saguenay, Joliette, Rimouski, Baie-Comeau, Québec, Sherbrooke, Gaspé et Sept-Îles.

Au cours des dernières semaines, les associations étudiantes de nombreux cégeps et universités ont tenu des votes de grève afin de se joindre à ce mouvement mondial qui fait boule de neige.

Les étudiants veulent dénoncer l'immobilisme des gouvernements et exigent plus d'action pour empêcher le réchauffement de la planète.

Galerie photo Manifestation pour le climat du 15 mars 2019 à Montréal Voyez les images

Vendredi, ils étaient bien visibles partout. À Montréal, une grande marche a eu lieu sur l'avenue du Parc, à hauteur du Mont-Royal et s'est déplacée au centre-ville, jusqu'à la Place des festivals.

"Quand on a un vent populaire, un vent de jeunesse pacifique, organisé comme celui-là, n'importe quel gouvernement a un devoir moral d'écouter et d'agir sur l'environnement", a dit l'un des participants, Cédric Rémy, 21 ans, étudiant à l'Université de Montréal.

"Si le climat était une banque, le gouvernement l'aurait déjà sauvé", proclamait la pancarte d'un manifestant à Montréal, où le cortège, réunissant aussi des familles, s'étirait sur plus d'un kilomètre dans les rues du centre-ville.

Des politiciens se sont joints à eux, mais pas le ministre de l'Environnement du Québec, Benoit Charette, ni la ministre fédérale Catherine McKenna. Ils ont toutefois dit se réjouir de l'engagement des jeunes pour la planète, Mme McKenna ajoutant même que tous devraient les imiter.

À Montréal, des élèves ont formé des chaînes humaines devant six écoles secondaires de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) - Joseph-François-Perrault, Georges-Vanier, Sophie-Barat, Père-Marquette, Robert-Gravel et l'Académie de Roberval.

Il était d'ailleurs prévu que des élèves du secondaire se joignent aux manifestations, de même que des enseignants faisant partie du mouvement "Les Profs pour la planète".

Les jeunes demandent notamment aux gouvernements d'adopter une loi climatique pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius.

Le Collectif "La planète s'invite à l'Université" exige notamment le respect des cibles recommandées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), par la réduction des émissions mondiales de CO2 de 50 pour cent d'ici 2030 et la réduction de près de 50 pour cent des émissions de méthane d'ici 2050.

De semblables manifestations ont eu lieu vendredi dans d'autres villes canadiennes comme Halifax, Toronto, Winnipeg et Ottawa, et dans près d'une centaine de pays dans le monde.

Des jeunes du monde entier manifestent pour le climat

"Vous détruisez notre avenir": de l'Australie à l'Europe en passant par l'Ouganda, des dizaines de milliers de jeunes du monde entier ont séché l'école vendredi pour demander à leurs dirigeants d'agir vraiment contre le dérèglement du climat.

"Agir maintenant ou nager", lisait-on sur une pancarte, à Wellington, la capitale néo-zélandaise, où des centaines de lycéens et étudiants ont lancé la journée. A Christchurch aussi, des jeunes gens défilaient quand la ville a été frappée par des fusillades dans deux mosquées, contraignant la police à boucler le centre-ville.

"123 pays!" a tweeté la jeune Suédoise Greta Thunberg, une des icônes du mouvement avec sa grève hebdomadaire de l'école.

"Nous faisons grève pour dire à nos gouvernements de faire leurs devoirs et de nous montrer des preuves!" explique l'appel publié sur Facebook. Des preuves que le monde prend les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, comme prévu par l'Accord de Paris.

Rendez-vous était donné dans plus de 2000 lieux, selon le site du mouvement, FridaysforFuture, avec l'Italie, la France et l'Allemagne en tête de peloton.

Vendredi, Greta Thunberg relayait sur Twitter des images de cortèges au Japon, à Helsinki, Venise, Luxembourg ou, plus modeste, au Vanuatu.

A Bangkok et Hong Kong, des milliers de jeunes ont aussi défilé. "Si vous n'agissez pas comme des adultes, nous le ferons", scandaient-ils.

"Mes yeux souffrent de la pollution", a expliqué Shagun Kumari, 13 ans, à Delhi (environ 200 participants). "Je veux un air qui n'affecte pas mes poumons".

"Un monde en ruines"

A Sydney, Charles Rickwood, 18 ans, pointait le danger couru par la Grande Barrière de corail: "Si la tendance se poursuit, on va avoir une hausse d'1 ou 2°C dans l'océan, cela deviendra insoutenable".

Quelque 500 jeunes Mauriciens ont défilé à Port Louis, scandant "la planète chauffe, la jeunesse se lève". A Varsovie, c'est au ministère de l'Energie qu'a fini la marche d'environ 2.000 jeunes protestataires. A Bratislava, ils étaient un millier. De nombreuses villes allemandes étaient concernées, avec des milliers de participants notamment à Berlin et Munich.

"Les vautours du profit détruisent notre Terre", "Grand-père, c'est quoi un bonhomme de neige?", "Je crois plus aux licornes qu'en la volonté des politiciens", disaient les panneaux allemands.

EN VIDÉO: des jeunes dans la rue pour le climat aux quatre coins de la planète

Idem à Londres, avec plusieurs milliers de jeunes massés devant le palais de Buckingham après un passage par Downing street.

A Paris, une centaine de jeunes ont bloqué pendant trois heures l'entrée du siège de la Société Générale, dénonçant ses financements de projets nocifs.

En Ouganda, à Kampala, de nombreux élèves ont fait la grève de l'école pour manifester, décrivant la recrudescence des glissements de terrain et crues soudaines dans le pays.

"Les températures ont grimpé, impossible de se concentrer en classe", dit Warlda Mirembe, 16 ans, venue avec son père, fermier et commerçant. "Ma prise de conscience date de l'inondation de l'école après des pluies diluviennes. J'aime mon pays, on l'appelle la perle de l'Afrique, mais on est en train de le détruire".

"Les leaders d'aujourd'hui vont vieillir et mourir, et laisser derrière eux un monde en ruines", dénonce Sadrach Mirere, étudiante, qui coordonne les Fridays For Future Uganda.

Greta Thunberg s'est fait connaître en brandissant seule tous les vendredis une pancarte "grève de l'école pour le climat" devant le Parlement de Stockholm. Peu à peu, l'action a fait tache d'huile dans plusieurs pays, des milliers de jeunes gens descendant dans la rue, en Belgique ou en Allemagne.

Avec des informations de l'Agence France-Presse.