POLITIQUE
13/03/2019 12:30 EDT | Actualisé 13/03/2019 14:03 EDT

La vérité de Jody Wilson-Raybould: l'opposition revient à la charge

Elle a réclamé et obtenu une réunion d'urgence du comité permanent de la justice pour que l'ex-ministre revienne témoigner sur SNC-Lavalin.

LARS HAGBERG via Getty Images

OTTAWA — Les députés de l'opposition du comité permanent de la justice et des droits de la personne demandent - à nouveau - d'inviter une seconde fois l'ancienne ministre Jody Wilson-Raybould à leur table.

Ils avaient réclamé et obtenu une réunion d'urgence du comité et y ont exigé, mercredi, une nouvelle comparution de la ministre démissionnaire au plus tard le 14 mars - soit dans quelques heures.

L'opposition exhorte Justin Trudeau à "lever le bâillon" qui empêcherait Jody Wilson-Raybould d'aborder "librement" les événements survenus en février, soit après le remaniement ayant mené à sa rétrogradation.

Le premier ministre a levé, fin février, le secret avocat-client qui liait l'ex-ministre de la Justice et procureure générale en émettant un décret couvrant la période au cours de laquelle des pressions auraient été exercées sur elle.

Le décret a la portée nécessaire pour étudier "le fond de la question", a-t-on réitéré mercredi à son bureau, déplorant au passage le fait que l'opposition tente de gagner des points politiques en revenant à la charge avec cette requête.

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Il autorisait "l'honorable Jody Wilson-Raybould (...) à divulguer au comité (...) tout renseignement confidentiel du Conseil privé de la Reine pour le Canada contenu dans les informations ou communications qui ont fait l'objet de discussions directes avec elle relativement à l'exercice de ces pouvoirs alors qu'elle occupait ce poste".

Le gouvernement a ainsi renoncé "dans la mesure où ils s'appliquent, au privilège des communications entre client et avocat et à tout autre devoir de confidentialité pertinent envers le gouvernement du Canada (...) qui ont fait l'objet de discussions directes avec l'ancien procureur général relativement à la poursuite contre SNC-Lavalin", stipule le décret émis le 25 février dernier.

En conférence de presse à Ottawa, la semaine passée, Justin Trudeau a assuré que ni lui ni des membres de sa garde rapprochée n'ont fait quoi que ce soit de répréhensible.

Sa prise de parole, qui survenait un mois après que l'affaire SNC-Lavalin eut éclaté, n'a pas satisfait les partis de l'opposition, qui continuent donc à taper sur le clou.

Quant à Jody Wilson-Raybould, elle a indiqué à plus d'une reprise qu'elle était tout à fait disposée à revenir témoigner en comité.

Elle a cependant rappelé qu'à son avis, le décret émis par le gouvernement n'avait pas toute la portée nécessaire pour qu'elle dise toute sa vérité. "Si cela changeait, n'hésitez pas à entrer en contact avec moi", a-t-elle souligné dans une déclaration adressée au comité.

"Je rappelle, comme je l'ai déjà dit, que ma déclaration au comité n'était pas un compte rendu complet des événements, mais seulement un résumé détaillé", a-t-elle ajouté dans ce message.

La députée de Vancouver-Granville a transmis sa déclaration peu après après le témoignage de Gerald Butts, ex-secrétaire principal du premier ministre.

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