NOUVELLES
13/03/2019 17:29 EDT | Actualisé 13/03/2019 17:29 EDT

Écrasement en Éthiopie: plusieurs questions restent en suspens

Voici toutefois ce qu'on sait jusqu'à maintenant.

Yi-Chin Lee/Houston Chronicle via AP

Au lendemain de l'écrasement d'un avion d'Ethiopian Airlines, qui a coûté la vie aux 157 personnes à bord, dont 18 Canadiens, de nombreuses questions demeurent sans réponses.

Cette absence d'informations a amené des dizaines de pays à clouer au sol leurs Boeing 737 Max 8, l'avion impliqué dans l'écrasement en Éthiopie et dans un autre accident tragique survenu cinq mois plus tôt sur un vol de Lion Air, qui avait fait 189 morts en Indonésie.

Les États-Unis et le Canada se sont joints à plusieurs dizaines de pays, mercredi, en clouant au sol tous ces appareils. Les deux pays suspendent aussi les vols du Max 9, un modèle plus gros.

Voici ce que l'on sait jusqu'à maintenant sur l'écrasement, l'avion et l'enquête en cours:

Qu'est-ce qu'un enregistreur — et pourquoi est-il si important?

En vertu des règles de l'Administration fédérale de l'aviation aux États-Unis (FAA), chaque gros aéronef commercial doit disposer d'un enregistreur de conversations dans la cabine de pilotage et d'un enregistreur de données de vol — communément appelés «boîtes noires», même si elles sont de couleur vive, rouge ou orange. Les enregistreurs, qui peuvent supporter des températures de 1100 degrés Celsius et des profondeurs de 20 000 pieds sous les mers, colligent des tas d'informations sur le vol.

À lire sur le HuffPost Québec:

Les enregistrements vocaux captent les voix de l'équipage, ainsi que d'autres sons à l'intérieur du poste de pilotage. Les informations de l'enregistreur de données peuvent aussi permettre une reconstitution vidéo sur ordinateur. Les enquêteurs peuvent ensuite visualiser l'altitude de l'avion, les lectures des instruments, les réglages de puissance et d'autres détails du vol afin de faciliter l'enquête, selon le Conseil national de la sécurité des transports des États-Unis. Certains experts croient qu'il faudra plusieurs mois avant d'obtenir des réponses sur la cause de l'accident.

Qui a cloué au sol les avions?

Plus de 40 pays, dont tous ceux de l'Union européenne, et finalement les États-Unis et le Canada mercredi, ont suspendu les vols assurés par ces appareils ou les ont bannis de leur espace aérien.

La Chine a ordonné à ses transporteurs aériens de garder au sol leurs flottes — le pays compte 96 Max 8, soit plus du quart des 370 Max dans le monde.

Pourquoi la FAA a-t-elle hésité avant d'intervenir?

La FAA disait agir «sur la base de faits» et invitait les gens à redoubler de prudence lorsqu'ils comparent l'accident en Éthiopie à celui en Indonésie.

«Des rapports externes tracent des similitudes» entre les deux écrasements, indiquait d'abord l'administration dans un communiqué. «Cependant, cette enquête ne fait que commencer et à ce jour, aucune donnée ne nous a été fournie pour tirer des conclusions ou prendre des mesures.»

Que fait Boeing en réaction aux écrasements?

Bien qu'elle défende la sécurité de ses appareils, l'entreprise américaine a promis de mettre à jour certains logiciels de contrôle de vol «dans les prochaines semaines».

Boeing avait commencé à apporter des modifications peu de temps après l'écrasement en Indonésie. Le constructeur modifie un système conçu pour empêcher un décrochage aérodynamique si les capteurs détectent que le nez de l'avion est trop haut et que sa vitesse est trop basse.

Des responsables de Lion Air en Indonésie ont indiqué que les capteurs installés dans leur avion avaient fourni des informations erronées sur ses quatre derniers vols, déclenchant un piqué automatique. Les pilotes du vol en Indonésie n'ont pas réussi à maîtriser cette commande et l'avion s'est abîmé en mer.

Un porte-parole de Boeing a déclaré qu'une fois installé le logiciel mis à jour, le système s'appuierait sur les données de plusieurs capteurs avant de déclencher une commande de piqué. En outre, le système ne fera pas baisser le nez de l'appareil de manière répétée et réduira l'ampleur du changement, a-t-il déclaré. Les pilotes seront par ailleurs mieux formés sur ce phénomène.

Est-ce qu'il y avait eu des plaintes sur ces avions?

Les pilotes de ligne d'au moins deux vols aux États-Unis avaient signalé qu'un système automatisé semblait avoir provoqué le basculement soudain du Boeing 737 Max 8.

Peu après avoir actionné le pilote automatique sur ces appareils, le nez de l'avion s'était incliné fortement, ont-ils relaté. Dans les deux cas, les pilotes avaient pu rétablir la situation après avoir désactivé le pilote automatique.

Selon la description faite par les pilotes, le problème ne semble pas lié à un nouveau système automatisé antidécrochage qui aurait contribué à l'écrasement mortel en Indonésie en octobre dernier.

Les rapports de pilotes avaient été déposés l'an dernier dans une base de données de la NASA. Il s'agit de rapports de sécurité pouvant être remplis volontairement. Le nom des pilotes ne figurait pas sur les documents, tout comme le transporteur aérien ou le lieu relatif aux incidents.

On ignore si ces avertissements ont été pris en compte par la FAA et par les compagnies aériennes où travaillent ces pilotes.

Voir aussi: