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13/03/2019 15:45 EDT | Actualisé 13/03/2019 16:42 EDT

L'équipe des Alouettes bientôt vendue?

Un groupe québécois serait intéressé.

Ryan Remiorz/PC
L'ex-porte-couleurs des Alouettes Éric Lapointe (photo), qui avait manifesté de l'intérêt pour acquérir le club en 2017, a confirmé à plusieurs médias que son groupe est toujours intéressé par une telle transaction.

Les Alouettes et la Ligue canadienne de football sont avares de commentaires au sujet de la vente possible du club montréalais.

Le quotidien The Gazette a rapporté mercredi matin que l'équipe, propriété de l'homme d'affaires américain Robert Wetenhall depuis 1997, serait sur le point d'être vendue à des intérêts québécois.

L'organisation a fait preuve de mutisme, se limitant à dire que l'équipe "ne commente pas les rumeurs".

Du côté de la LCF, le commissaire, Randy Ambrosie, à Montréal pour une série de rencontres avec les détenteurs d'abonnements des clubs du circuit, n'a pas voulu nier ni confirmer une transaction imminente.

Les Wetenhall souhaitent explorer tous les scénarios possibles. Ce qu'ils veulent vraiment, c'est que cette franchise connaisse du succès.Randy Ambrosie, commissaire de la LCF

"Nous avons eu des discussions avec (le président) Patrick Boivin et avec la famille Wetenhall au sujet de ce que nous devions faire afin de redonner son lustre à cette organisation, a-t-il déclaré. Ce marché est l'un des plus importants pour nous et il s'agit de l'un des plus importants marchés sportifs au pays.

"Cette conversation est très positive. Elle dure depuis plusieurs mois. (...) Les Wetenhall souhaitent explorer tous les scénarios possibles. Ce qu'ils veulent vraiment, c'est que cette franchise connaisse du succès."

Une chose est certaine pour la ligue: elle n'a pas l'intention de voir la concession quitter Montréal, alors que des investisseurs tentent d'amener la LCF à Halifax.

"Ce que nous voulons à Halifax est une 10e équipe, pas voir l'une de nos neuf formations y déménager", a affirmé le commissaire.

Lapointe toujours intéressé

L'ex-porte-couleurs des Alouettes Éric Lapointe avait manifesté de l'intérêt pour acquérir le club en 2017. Son offre avait toutefois été refusée par les Wetenhall. Il a confirmé mercredi être toujours intéressé.

S'il précise ne pas avoir récemment discuté de ce projet avec Wetenhall ou son fils _ Andrew, copropriétaire et gouverneur des Alouettes _ l'homme de 44 ans, qui travaille maintenant en gestion financière, assure pouvoir mettre sur pied un groupe rapidement.

"Je ne pense pas que ce serait difficile de rassembler des gens intéressés, a-t-il dit à La Presse canadienne. Il y a beaucoup plus de propriétaires d'entreprises francophones que par le passé. (...) Il y a bien des gens qui souhaiteraient être impliqués.

"C'est sûr que je suis un passionné du football, mais je ne me cherche pas du boulot. J'adore ce que je fais et je n'ai que de bons mots sur les Wetenhall et ce qu'ils ont fait pour notre ville."

Robert Wetenhall a repris la concession des Alouettes en 1997. Elle était alors en faillite et la ligue l'avait retirée des mains de Michael Gelfand. Wetenhall a ensuite épongé les dettes de l'organisation même s'il n'était pas légalement tenu de le faire et l'a relancée.

Sous sa gouverne, l'équipe est rapidement devenue l'une des puissances du circuit canadien. De 1999 à 2012, les Alouettes ont terminé au sommet de l'Est neuf fois et participé à huit finales de la Coupe Grey, gagnant le match ultime en trois occasions.

L'équipe n'a toutefois pas atteint la grande finale de la LCF depuis 2010 et n'a connu que trois saisons de ,500 ou mieux depuis. Les Alouettes ont raté les matchs éliminatoires au cours des quatre dernières campagnes, compilant une fiche de 25-51.

En novembre dernier, dans un entretien avec La Presse canadienne, Andrew Wetenhall a répété que le club n'était pas à vendre, même si son père et lui sont inquiets des performances de l'équipe, à la fois sur le terrain et aux guichets.

"La vente de billets est en baisse. Ça a un réel impact sur notre organisation, avant tout financier. Nous investissons beaucoup dans cette équipe (...), alors oui, nous sommes inquiets par ce manque d'appui, avait-il déclaré. Comme nous sommes incapables de remplir nos gradins comme avant, ça fait en sorte qu'il est plus difficile d'attirer des joueurs dans notre marché.

"Ça n'a jamais été une entreprise qui nous a fait faire de l'argent depuis que nous en sommes propriétaires, a-t-il ajouté. (...) À chaque année ou presque, nous devons réinjecter de l'argent afin d'assumer les frais de l'équipe. Nous n'avons été profitables que lorsque nous avons accueilli un match de la Coupe Grey.

"Oui, ça doit avoir du sens financièrement. Mais je ne vous dirai pas à partir de quel point ça n'en a plus, car je ne veux pas donner de chiffres. Je dirai par contre que nous voulons ramener cette concession à un point où elle est viable. Cela signifie donc d'avoir beaucoup plus de gens dans les gradins que présentement."